Scénario Macro
L'indépendance de la Réserve fédérale reste mise à rude épreuve après l'ouverture d'une enquête pénale par le ministère de la Justice américain contre son président, Jerome Powell. Ce dernier avertit que cette enquête pourrait être utilisée pour exercer des pressions sur les décisions de politique monétaire. A la fin du mois, Trump a également annoncé la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, qui prendra le relai à Powell au terme de son mandat, le 15 mai prochain. L’attitude ‘’hawkish’’ que Warsh a eu par le passé a inquiété les investisseurs à la fin janvier, provoquant une baisse des principaux indices actions et des matières premières. Nous anticipons de notre scénario principal deux baisses de taux de la part de la Fed cette année.
L'inflation sous-jacente américaine a progressé en décembre moins que prévu, et les prix des biens de consommation de base ont stagné le mois dernier, déjouant les attentes d'un rebond. Les économistes anticipent un ralentissement progressif de l'inflation au cours de l'année 2026, les entreprises ajustant généralement leurs prix en début d'année et une décision imminente de la Cour suprême pouvant impacter les droits de douane mondiaux. L'impact des menaces tarifaires actuelles entre les États-Unis et ses partenaires commerciaux, mais cela n'affecte pas nos principaux scénarios économiques pour le moment.
Dans la zone euro, l'économie allemande est enfin sortie de la stagnation à la fin de l'année dernière. Les dernières données macroéconomiques indiquent un net tournant dans l'industrie. Les commandes industrielles sont en hausse depuis trois mois consécutifs.
En Chine, la Banque populaire de Chine a indiqué qu'elle disposait cette année d'une marge de manœuvre pour de nouvelles réductions des réserves obligatoires des banques et pour des baisses de taux plus importantes.
Market Context
La volonté du président américain Trump de prendre le contrôle du Groenland a insufflé une nouvelle volatilité aux marchés, ravivant les craintes d'une confrontation commerciale entre alliés traditionnels, sans perspective de compromis. La thématique des terres rares, chères à Donald Trump, ainsi que des métaux industriels de manière plus large, a animé les marchés. Après une forte performance durant tout le mois de janvier, la plupart des gains de l’or et de l’argent ont été effacé lors des deux derniers jours ouvrables de janvier.
Les marchés actions restent néanmoins proches de leurs records historiques. L'Eurostoxx 50 a dépassé les 6 000 points et le S&P 500 oscille autour de 7 000. L'indice Nikkei est également proche de ses sommets historiques. Cette bonne performance récente est mise à l'épreuve par la saison des résultats en cours, la croissance des bénéfices américains étant attendue autour de 8% au quatrième trimestre (en glissement annuel). Les fondamentaux des entreprises restent globalement bons.
Les spreads de crédit restent serrés. La dette des marchés émergents continue de surperformer les marchés développés, avec un maintien important des flux d'investissement vers cette classe d'actifs.
Les matières premières sont au centre de toutes les attentions. Le prix du pétrole a peu évolué depuis le début de l'année et reste confronté à une faible demande et une offre abondante.
Allocation
À l'aube de 2026, les perspectives de croissance des bénéfices demeurent solides. Malgré les débats persistants sur la concentration et les risques géopolitiques, nous préconisons toujours la surpondération au sein de notre poche actions. Nos convictions fortes du début d'année (marchés émergents) ont bien performé, alors que les États-Unis sont plus ou moins inchangés depuis le début d’année.
Au-delà du secteur des technologies de l'information, nous poursuivons la diversification de nos portefeuilles grâce à notre exposition aux thématiques de la santé, qui offrent des opportunités de croissance structurelle. Nous percevons toujours un potentiel dans les petites capitalisations européennes, soutenues par les plans de dépenses nationaux et une dynamique de croissance industrielle plus positive en Allemagne. Par ailleurs, nous restons optimistes quant au secteur financier, dont les fondamentaux et la dynamique des résultats demeurent solides.
Sur le marché obligataire, nous privilégions toujours les obligations d'État de la zone euro et les titres de crédit de haute qualité aux alternatives à haut rendement. La diversification et le portage sont maintenus sur la dette des marchés émergents grâce à des positions en devises locales, tandis que nous restons structurellement sous-pondérés en bons du Trésor américain.
Stratégie du portefeuille
Sur le plan géopolitique, le début de l'année 2026 a été marqué par une attaque de Trump au Venezuela et sa volonté de s’approprier le Groenland. Du point de vue des marchés, les investisseurs se sont tournés vers les matières premières et les matières premières stratégiques (pétrole, or, cuivre, ...) qui ont fait l’objet de fortes spéculations et par conséquence de volatilité. Trump s’est également attaqué à la Corée du Sud et le Canada sur la plan tarifaire. Le président s'attaque actuellement également à de nombreux problèmes de politique intérieure (accessibilité au logement, taux d'intérêt des cartes de crédit), ce qui rend ses actions difficiles à prévoir, sans compter l'attention constante portée à la Réserve fédérale. Par ailleurs, la saison des résultats en cours nous donne davantage d'indications sur la façon dont débutera l'année 2026, dans un contexte où la croissance attendue du bénéfice par action reste élevée.