Augmentation progressive du chômage dans la zone euro

2 octobre 2020

Frank Maet
Senior Macro Economist @Belfius


Véronique Goossens
Chief Economist @Belfius

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  • Dans la zone euro, le chômage poursuit son ascension, mais lentement et avec des écarts importants entre les États membres.
  • Jusqu’à présent, la perte d’emplois a été relativement limitée par les régimes de chômage temporaire.
  • L’inflation dans la zone euro reste inférieure à zéro pour le deuxième mois consécutif.

La lente ascension du chômage dans la zone euro se poursuit. En août, le nombre de chômeurs a augmenté pour le cinquième mois de suite, pour s’élever à 8,1 % de la population active. La bonne nouvelle est que le rythme des licenciements ralentit par rapport au mois de juillet, mais les chiffres moyens pour la zone euro racontent une tout autre histoire. L’impact du Covid-19 sur le marché du travail diffère fortement d’un pays à l’autre (voir graphique).

L’Allemagne semble digérer le mieux le choc économique. En juillet et août, de nouveaux emplois à temps plein ont déjà été créés et le nombre de chômeurs temporaires a baissé de plus de 2 millions depuis le mois de mai. En France et dans notre pays également, les dommages sur le marché du travail ne sont pas si terribles jusqu’à présent. Les régimes de chômage temporaire limitent la perte d’emplois et de revenus et contribuent ainsi à la relance de la demande.

En Espagne, la récession frappe beaucoup plus fort. Le marché du travail est d’autant plus vulnérable que le nombre de travailleurs dans l’horeca et le tourisme est élevé et que les contrats de travail temporaires sont légion. Le gouvernement espagnol craint que plus d’entreprises optent pour des vagues de licenciements définitifs en automne. C’est pourquoi il a décidé de prolonger le soutien du chômage temporaire jusque fin janvier 2021.

Le reste de la zone euro va également poursuivre les systèmes d’aide afin de limiter la perte d’emplois due au Covid-19. Le risque de chocs économiques qu’impliquerait un nouveau lockdown reste élevé et, surtout dans le secteur des services, de nombreuses entreprises sont encore sous pression. Les subventions salariales coûtent cher aux autorités nationales mais le fonds SURE européen contribue au paiement de la facture. Cette semaine, l’UE a donné son feu vert pour la distribution de 87,4 milliards d’euros aux États membres sous la forme de prêts à des conditions favorables. Plus de la moitié de ce montant est destinée à l’Italie (27,4 milliards) et à l’Espagne (21,3 milliards), tandis qu’avec 7,8 milliards d’euros, la Belgique se retrouve en quatrième position. Il reste une réserve de 12,6 milliards d’euros dans le fonds SURE initial. Elle peut toujours venir à point.



Le Covid-19 pèse non seulement sur l’emploi, mais aussi sur les prix. En septembre, les prix à la consommation dans la zone euro ont baissé de 0,3 % par rapport au mois précédent. L’inflation reste inférieure à zéro pour le deuxième mois successif. Au début de cette semaine, la présidente de la BCE, madame Lagarde, a déclaré qu’elle tient compte d’une période plus longue de déflation (inflation négative). C’est pourquoi la BCE envisage, tout comme la banque centrale américaine, d’adapter sa stratégie et de permettre le dépassement de l’objectif d’inflation. Mais une décision à ce sujet ne sera prise que plus tard cette année.



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