La crise du Covid-19 exige des mesures exceptionnelles

30 juin 2020

29/07/2020 - Votre podcast économique – épisode 11: Plus de contaminations, une meilleure gestion


Les mesures strictes face au Covid-19 coûtent cher, selon Véronique Goossens, mais sans réaction, ce coût serait encore plus élevé. Comment ajuster votre portefeuille en fonction des derniers développements? Philippe Evrard se fait un plaisir de vous l'expliquer..


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Impact de la crise du Covid-19 sur l’économie belge

La crise du Covid-19 entraîne une claque sans précédent pour l’économie. Les conséquences s’en feront encore sentir durant de nombreuses années. Néanmoins, le pire est derrière nous, et les mesures de relance ciblées devraient aider notre économie à retrouver le chemin vers la croissance. Regardez la suite dans notre vidéo.

En Europe, le virus réapparait localement, plus rapidement que prévu tout comme d’autres parties du monde. Jusqu’à présent, il semble que le strict respect des mesures de sécurité est le seul moyen d’endiguer le virus. Pour les familles, les entreprises et les finances publiques, il est vital d'éviter autant que possible une 2e vague d'infection. La conséquence de cette situation incertaine? Une certaine volatilité sur les marchés financiers au cours des prochains mois!


Indicateurs clés


Pour connaitre l’impact sur vos investissements, nous examinons 5 indicateurs importants en cette époque si particulière.

  • L’évolution de la pandémie: combien de nouvelles infections relève-t-on? Comment évolue le nombre de victimes? Existe-t-il une stratégie de sortie de crise?
  • Le risque de marché: avec quelle facilité peut-on obtenir de l'argent (liquidités)? Quelle est l'ampleur des fluctuations des prix sur les marchés financiers (volatilité)? Comment évoluent les primes de risque (taux d'intérêt supplémentaire par rapport, par exemple, aux obligations d'État allemandes ou américaines) sur les obligations d'entreprises ou les titres de créance des pays émergents?
  • L’activité économique: à quelle vitesse l'activité reprend-elle? Comment se passe le redémarrage dans les pays les premiers touchés par la pandémie, comme la Chine?
  • Les réactions des politiques: que font les gouvernements et les banques centrales pour fournir des liquidités suffisantes? Comment peuvent-ils éviter une crise du crédit? Quelles sont les mesures prises pour compenser la perte de revenus des entreprises et des particuliers?
  • Les valorisations: les différents marchés boursiers sont-ils chers ou bon marché? Les primes de risque sont-elles élevées ou faibles, compte tenu des taux de faillite prévus?

Notre vision


Comment les marchés boursiers en général et les différentes régions se positionnent-ils spécifiquement par rapport à ces 5 indicateurs? C'est ce qui détermine notre vision des marchés financiers.

L’Union européenne est parvenue à un accord historique sur un fonds de relance de 750 milliards d’euros. C'est tout à l'honneur des chefs de gouvernement européens. On peut parler d'un grand pas vers une Europe fédérale, ce qui augmenterait considérablement la force et la crédibilité de l’Union. Toutefois, ce plan doit encore être validé par le Parlement européen. En outre, l'Europe semble mieux gérer la crise du Covid-19 que d’autres régions. Bien sûr, on recense des foyers de contamination locaux, mais ceux-ci sont immédiatement maitrisés.

Jusqu'à présent, la Chine a réussi à éviter une 2e vague et son économie se redresse plus rapidement que dans le reste du monde: au 2e trimestre, on note une croissance de 3,2% (en glissement annuel). Les analystes estiment que le produit intérieur brut pourrait même reprendre sa trajectoire d'avant la crise d'ici à la fin de 2020. Cependant, les consommateurs chinois sont encore un peu hésitants.

Les économistes sont d'accord sur un point: la reprise économique mondiale sera plus lente qu'ils ne le pensaient initialement. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'économie mondiale se rétractera de 4,9 % en 2020 et croîtra de 5,4 % en 2021. Quant à savoir si, début 2021, l'activité économique renouera avec son niveau d’avant la crise, rien n'est moins sûr. Le FMI est également préoccupé par le fossé entre les marchés boursiers et l'économie.


Actions


Dans l'ensemble, nous restons prudents en ce qui concerne les actions. Pour les investisseurs particuliers, le conseil est toujours le même: continuez d’investir dans des actifs à risque avec un plan d’investissement régulier pour les nouvelles acquisitions. Après leur récent rallye, les actions ne sont plus bon marché.

Le volet des actions a été remanié sur le plan géographique. Le poids des actions européennes a encore augmenté pour atteindre 45% d'un portefeuille diversifié. Ce n'est pas seulement l'accord européen sur le plan de relance qui déplace le risque politique davantage vers les États-Unis, mais aussi l'actualité américaine. La réaction du président américain Donald Trump face aux tensions raciales, et son approche de la crise du Covid-19 rendent sa réélection incertaine. De plus, les tensions entre les États-Unis et la Chine se renforcent à nouveau, même si d'ici les élections, elles resteront probablement au stade des grands discours. Nos stratèges en investissement revoient à la baisse la pondération des actions américaines à environ 30%.

En Europe, nous sélectionnons des entreprises dont le bilan est sain et dont les produits offrent une réelle valeur ajoutée pour les clients, ce qui leur permet de générer de belles marges, sans perdre de vue le caractère durable de ces entreprises. Gérer une entreprise de manière durable, en prenant soin de ses employés, des clients, de la collectivité et, enfin et surtout, de notre climat, devient la nouvelle norme.

La poche des actions américaines est néanmoins remplie de secteurs stratégiques issus de nos convictions à long terme. Le secteur technologique, largement américain, reste dominant dans notre portefeuille, avec un poids sectoriel de 20 à 25%. Ce qui est légèrement plus cher que la moyenne du marché, mais la croissance des bénéfices est également plus élevée. Autre secteur dominé par les États-Unis: les entreprises pharmaceutiques qui occupent une place importante, avec une valorisation attractive. En effet, ces entreprises ont particulièrement bien résisté à la crise du Covid-19 et devraient pouvoir tirer profit dans les prochaines décennies d'une classe moyenne en forte progression dans les pays émergents et du vieillissement de la population mondiale, avec des besoins médicaux spécifiques en forte augmentation. Le vieillissement induit une augmentation du coût médical...

Quant aux pays émergents, ils occupent à nouveau une place importante dans notre portefeuille d’actions, pour atteindre environ 18%. La reprise en forme de V en Chine en est la raison principale. La Chine représente environ 40% de l'univers des marchés émergents.


Obligations


Pour conclure, un mot sur notre positionnement global. Nous continuerons à investir de manière mixte, avec des obligations comme filet de sécurité. Ce filet pourrait être utile en cas de nouveau soubresaut de l'économie, par exemple, en raison d’une forte 2e vague de contamination. Mais aussi, à cause du Brexit, ou de relations sino-américaines qui se dégraderaient, ou encore si les prochaines élections secouent encore plus la société américaine.

Grâce à leurs achats d'obligations, les banques centrales maintiennent des taux d'intérêt à un niveau bas, ce qui devrait permettre de tenir la dette publique importante à des niveaux acceptables, et placer aussi en partie un plancher sous le marché boursier. Toute personne à la recherche d'un revenu complémentaire ne le trouvera pas sur le marché obligataire sauf dans le cas des obligations de croissance qui ont notre préférence. Pour les investisseurs, le marché boursier peut être une issue. Bien sûr, nous parlons d'investisseurs ayant un horizon à long terme et qui considèrent la volatilité comme allant de soi. En investissant prudemment, les investissements structurés avec protection partielle ou totale du capital peuvent être une solution. Ceux-ci vous permettent de bénéficier d’une éventuelle reprise des marchés boursiers, mais aussi d’investir dans des thèmes d’avenir, comme les soins de santé.


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Ce document, rédigé et distribué par Belfius Banque, reflète le point de vue de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseils ou de recommandations personnalisés en matière d'investissement ni de recherches indépendantes en matière d’investissements. Si vous souhaitez un conseil personnalisé en matière d'investissement, vous pouvez contacter votre conseiller financier (dans les circonstances actuelles, par téléphone ou par mail). Il se fera un plaisir de discuter avec vous des conséquences possibles de cette vision sur votre portefeuille d'investissement personnel.

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