La confiance économique dans la zone euro s’effondre

23 avril 2020

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  • En mars et avril, la confiance des entreprises de la zone euro s’effondre à un niveau sans précédent.
  • Avec la suppression progressive des mesures anti-Covid-19, l’attention se déplace sur les signaux d’une reprise économique.
  • Les responsables de l’UE présenteront-ils un plan de relance convaincant qui apaisera les marchés financiers ?

Comme on le craignait, le coup dur infligé au sentiment économique dans la zone euro est sans précédent. En mars et avril, au cœur de la tempête du Covid-19, le large indice du sentiment des entreprises de la zone euro dégringole de 51,6 à 13,5. Il s’agit du niveau le plus bas de tous les temps. La paralysie de l’économie mine la confiance dans tous les secteurs économiques, mais ce sont les entreprises de services qui encaissent le plus sérieux revers en raison de la fermeture obligatoire de la plupart des commerces.

Maintenant que certains gouvernements de la zone euro réduisent au compte-gouttes les mesures contre la propagation du Covid-19, la confiance va se rétablir lentement en mai et juin. L’attention se déplace des dommages directs occasionnés par le virus aux chances de reprise et aux effets économiques à plus long terme. Comment l’Union européenne arrivera à s’accorder pour formuler une réponse en vue de la relance économique est d’une importance cruciale.

Les dirigeants des 27 pays de l’UE tiennent aujourd’hui - jeudi – par vidéo-conférence leur quatrième sommet du Covid-19 depuis le mois de mars. Il existe un accord concernant 540 milliards d’euros de crédits pour apporter un soutien immédiat aux entreprises et aux États membres, mais un fonds de relance européen de beaucoup plus grande ampleur s’impose d’urgence. Idéalement, ce fonds devrait s’élever à minimum 1.600 milliards d’euros, soit environ 10% du PIB européen, pour assurer une relance durable. Mais les avis concernant le financement de celui-ci sont partagés. L’Italie, l’Espagne et la France ne veulent pas que la montagne des dettes nationales augmente et espèrent financer la relance économique principalement à l’aide de l’émission d’une dette commune. Mais des pays tels que les Pays-Bas, la Finlande, l’Autriche et l’Allemagne ne sont pas partisans de telles euro-obligations temporaires, qui aident surtout l’Europe du Sud à sortir de l’impasse. Une piste alternative, proposée par la présidente de la Commission européenne, pourrait être d’utiliser le budget pluriannuel de l’UE comme gage pour mettre un fonds d’urgence sur pieds.

Il y a beaucoup de chances pour qu’un seul sommet ne suffise pas pour arriver à un plan de soutien digne de ce nom, avec une clarté et une unanimité suffisantes concernant l’envergure, le contenu, la durée et le financement. Cependant, l’enjeu est énorme et le degré d’urgence extrême. La preuve en est, notamment, l’augmentation récente du taux à long terme italien et espagnol, symptôme de l’inquiétude croissante sur les marchés obligataires européens. Si la réponse commune des pays européens ne réussit pas à convaincre suffisamment les marchés, la pression sur la Banque centrale européenne s’intensifiera pour qu’elle sauve à nouveau la mise.


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