L’économie chinoise panse ses plaies

17 avril 2020

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  • L’économie chinoise encaisse un uppercut douloureux du Covid-19 au 1er trimestre
  • Les chances d’une relance économique rapide sont plutôt minces
  • Le lockdown à l’étranger est un frein pour les exportations et la crainte d’une résurgence du virus et d’une augmentation des licenciements pèse sur la consommation
  • Il ne reste qu’à attendre un programme fiscal de relance de la part des autorités

Nous avons enfin une idée plus claire de ce que signifie un lockdown à la suite du Covid-19 pour les chiffres de la croissance économique d’un pays. Pour la première fois depuis 1992, l’économie chinoise est confrontée à un recul. Au premier trimestre de cette année, le PIB a baissé de 6,8% en comparaison avec la même période en 2019, ce parce que la majeure partie de l’économie était paralysée par les mesures strictes de quarantaine. Après l’apparition du Covid-19 dans la province de Wuhan, la Chine était la première à décréter un lockdown et elle est également la première à lever les mesures contraignantes. De ce fait, l’économie chinoise constitue un indicateur important de l’impact direct de la pandémie sur les chiffres du PIB dans la zone euro et sur le type de rétablissement que nous pouvons attendre au cours de 2020.

Avec une baisse de près de 16% sur une base annuelle, ce sont surtout les ventes au détail chinoises qui ont souffert au 1er trimestre, tandis que la diminution de l’output industriel s’est avérée moins forte que prévu. La plupart des restrictions en matière de déplacements étant levées, il semble que le pire soit passé pour l’économie chinoise. Mais les chances d’une relance en V sont limitées car plusieurs facteurs pèsent sur la résilience économique en Chine.

Contrairement aux récessions précédentes, la Chine ne peut pas compter sur une forte contribution du secteur des exportations à la croissance dans un avenir proche. Dans une grande partie des pays où la Chine a des débouchés, l’économie est encore à l’arrêt, de telle sorte que les carnets de commandes restent vides. La demande intérieure ne va pas reprendre rapidement non plus vu le maintien des limitations aux rassemblements d’un grand nombre de personnes. La crainte d’un nouveau rebond du virus persiste. Le marché du travail a déjà fortement souffert en février et le risque de faillites et de licenciements reste provisoirement élevé.

En dépit des nombreux obstacles à un rétablissement rapide, le gouvernement chinois n’a pas encore mené de politique convaincante pour relancer l’économie. Jusqu’à présent, les mesures de stimulation chinoises se sont limitées à injecter des liquidités supplémentaires dans les secteurs les plus touchés. Le gouvernement a promis d’apporter un soutien fiscal pour stimuler la demande intérieure, mais les plans ou chiffres concrets se font attendre. Le congrès annuel du Parti Communiste Chinois, qui a été reporté au mois de mai en raison de la pandémie, est attendu avec impatience. Le gouvernement y présentera ses nouveaux objectifs de croissance et ses projets fiscaux. À ce moment-là, nous saurons peut-être aussi plus clairement quelle relance nous pouvons attendre : en forme de V, de U ou de W ?


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