Le danger de la crise du Covid-19 pour le modèle belge des PME

7 avril 2020

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  • Une PME belge sur cinq risque rapidement de manquer de liquidité suites aux mesures de confinement actuelles
  • Une PME sur trois pourrait ne pas survivre en cas de prolongement des mesures par manque de fonds propre
  • Les secteurs les plus fragiles sont le commerce de détail et de gros, la restauration, la réparation automobile, la construction et le transport

Selon notre étude basée sur la situation financière des petites et moyennes entreprises (PME) avant la crise, 20,3% des entités présentent une liquidité insuffisante menaçant leur survie à très court terme. Leurs actifs à court terme (créances, valeurs disponibles,…) ne suffiraient pas pour couvrir leurs dettes à court terme (fournisseurs, …).

A moyen terme, 30,8% de ces entreprises pourraient tout simplement disparaître des suites d’une solvabilité insuffisante. Les sociétés concernées sont en effet sous-capitalisées (ou trop endettées) c’est-à-dire ne disposent pas de fonds propres suffisants pour absorber le choc économique qu’elles subissent actuellement.

La proportion d’entreprises présentant à la fois une faiblesse en liquidité et en solvabilité atteint 14,6%. Ces dernières entreprises sont majoritairement actives dans le commerce de détail et de gros, la restauration, la réparation automobile, la construction et le transport comme le montre notre graphique. Il est à noter, qu’en raison des mesures de confinement, il s’agit d’activités particulièrement impactées par les fermetures temporaires.

Nos résultats reposent sur un groupe de 19 000 entreprises typiquement belges. Elles exercent une activité économique réelle (leur objectif principal n’est pas la prise de participation dans d’autres sociétés) avec des moyens bilantaires de maximum 43 millions EUR et en occupant au minimum deux employés. En ce sens, notre échantillon est constitué d’entreprises dont les caractéristiques sont proches de la définition européenne des petites et moyennes entreprises mais dans une approche résolument « belgo-belge ».

S’intéresser à ces entreprises n’est pas anodin. En effet, selon Eurostat, ces acteurs économiques sont à considérer «comme l'épine dorsale de l'économie européenne». En Belgique, selon les autorités fédérales, pas moins de 99% des entreprises assujetties à la TVA sont considérées comme des PME. Il s’agit donc d’un pan essentiel de notre économie qui figure en première ligne face au ralentissement économique consécutif aux mesures sanitaires prises par les pouvoirs publics dans la lutte contre le Covid-19.

Il est donc primordial que la crise économique soit la plus courte possible et que les mesures de compensation prévues par les pouvoirs publics belges puissent s’appliquer à un large panel de ces sociétés dans cette période d’activités réduites. L’enjeu sera de vérifier si ces interventions publiques seront suffisantes pour assurer la pérennité du modèle belge de PME après ce ralentissement temporaire de notre économie.

Il est donc primordial que la crise économique soit la plus courte possible et que les mesures de compensation prévues par les pouvoirs publics belges puissent s’appliquer à un large panel de ces sociétés dans cette période d’activités réduites. L’enjeu sera de vérifier si ces interventions publiques seront suffisantes pour assurer la pérennité du modèle belge de PME après ce ralentissement temporaire de notre économie.

Il y a fort à parier que les entreprises, dont nous soulignons ici la fragilité existante avant la crise actuelle, risquent d’être les premières à passer à travers les mailles du filet de protection que les pouvoirs publics mettent en place en concertation avec le secteur bancaire. Les autres PME, plus robustes, et qui bénéficieront des premières aides, risquent ensuite de se retrouver dans une situation financière aussi peu enviable, si la crise perdure au point que ces interventions d’urgence deviennent malgré tout insuffisantes. On ne peut ignorer, alors, qu’un des risques sous-jacents est de surexposer ces entités attractives mais affaiblies par la crise du Covid-19 à un potentiel mouvement d’acquisition par des acteurs étrangers, lorsque l’activité économique retrouvera son rythme de croisière.


Notre dossier sur le coronavirus

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