Le coronavirus affecte fortement l’économie européenne

19 mars 2020

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  • La crise du coronavirus fait des dégâts, tant du côté de la demande que de l’offre.
  • Il semble que 2020 sera une année noire pour le secteur du tourisme et des voyages.
  • Les autorités nationales annoncent des mesures de soutien de grande envergure pour les entreprises et les ménages.

Plus le coronavirus gagne du terrain en Europe, plus l’impact économique augmente à une vitesse fulgurante. Avant l’explosion du nombre de contaminations en Italie, l’apparition du virus dans la zone euro était surtout ressentie comme un choc pour les exportations et le secteur industriel. La baisse de l'output de l’industrie chinoise a un impact sur les chaînes d'approvisionnement de nombreuses entreprises. Ces dernières années, le rôle de ces chaînes mondiales (ou « global supply chains ») est de plus en plus important, ce qui a pour conséquence que la croissance économique de la zone euro dépend, plus que par le passé, de ce qui se passe en Chine et dans le reste du monde.

La propagation fulgurante du virus sur le continent européen induit un choc encore plus important sur la demande. Les mesures drastiques des gouvernements nationaux pour endiguer la contamination mettent de nombreux secteurs à l’arrêt pour une durée indéterminée. L'industrie aérienne, le tourisme, l’horeca et une grande partie du secteur retail dans la zone euro sont touchés de plein fouet par les mesures de quarantaine. Mais d'autres secteurs également, qui ne sont pas dans l’œil du cyclone, voient leurs commandes se tarir et tournent souvent au ralenti. Les dépenses de consommation, qui représentent plus de la moitié du PIB dans la zone euro, sont doublement touchées. Les gens dépensent beaucoup moins puisque la plupart d’entre eux ne peuvent pas sortir de chez eux. De plus, la confiance des consommateurs s’effondre car ils craignent des fermetures d’entreprises et une aggravation du chômage.

En tant qu’épicentre de l’explosion du virus en Europe, l’Italie est évidemment la plus durement touchée. Le lock-down, qui est d'application au moins jusque début avril, va entraîner une forte baisse du PIB au premier trimestre mais les ondes de choc se feront encore sentir durant le reste de l’année. La contribution directe du secteur du tourisme et des voyages à la croissance du PIB en Italie s'élève à 5,5 % et représente près de 15 % de l’emploi dans le pays. En Espagne, en France et même en Allemagne, le secteur est très important en termes d’output et d’emplois (voir graphique). Même si la propagation du virus se calme ces prochains mois, 2020 sera une année en grande partie perdue pour le tourisme. Vu le risque de résurgence et de diffusion ultérieure du coronavirus dans d'autres parties du monde (comme les USA et le Canada), les transports liés au tourisme ne vont sans doute reprendre qu’au compte-gouttes.


Source : Worldbank.org (2018)

Les gouvernements nationaux sont heureusement conscients de la nécessité d’intervenir rapidement et énergiquement pour limiter le plus possible les répercussions de la crise du corona sur l’économie. Ces derniers jours, les plus grands États membres de la zone euro ont promis une série impressionnante de mesures de soutien. Il s'agit notamment d'une large combinaison de soutien direct, d’octroi de garanties d’État pour les crédits des entreprises, de compensation salariale, de chômage temporaire et de report d’impôts. Cela ne s’arrêtera vraisemblablement pas là et d'autres mesures de stimulation seront encore nécessaires, mais la marge de manœuvre budgétaire est limitée dans certains États membres. Sur les marchés financiers, l’écart de taux avec l’Allemagne augmente rapidement en Italie, en Espagne et en Belgique. C’est pourquoi on se tourne de plus en plus vers l’UE pour mieux coordonner l’approche budgétaire de la crise et éviter la panique sur les marchés obligataires. Nous pouvons nous passer de cette dernière en ces temps difficiles. À cela s'ajoute que la BCE devra à nouveau intervenir. L’Europe a besoin d'une réponde rapide et coordonnée des autorités politiques et monétaires. Nous pensons qu’elle ne va pas tarder.


Notre dossier sur le coronavirus

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