Dans quelle mesure le coronavirus infectera-t-il l’économie belge?

17 mars 2020

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  • Les mesures d’urgence du gouvernement contre le coronavirus ont de lourdes conséquences sur l’économie belge.
  • La crise du corona est cependant passagère. Lorsque le virus sera sous contrôle, l’économie reprendra du poil de la bête.

Avec une forte augmentation du nombre de contaminations par le coronavirus, notre pays semble être sur la bonne voie pour suivre l’exemple effrayant de l’Italie, de la France et de l’Espagne. Les mesures draconiennes visant à limiter au maximum les contacts physiques parmi la population sont dès lors nécessaires à la santé publique. Mais pour l’économie belge, les pertes augmentent dès lors considérablement. La fermeture des cafés et des restaurants, la suspension de toutes les activités culturelles et sportives, la fermeture obligatoire le samedi pour les magasins non alimentaires, la contre-indication des voyages à l’étranger, … il est clair que certains secteurs de notre économie se retrouveront sur la paille dans les prochaines semaines.

Si nous considérons que la création de valeur ajoutée dans le secteur aérien, les agences de voyages, l’horeca, les loisirs, le secteur culturel et récréatif se trouve à l’arrêt pendant un mois complet, le préjudice atteindra environ un milliard d’euros ou environ 0,2% du PIB. Il faut encore y ajouter les effets collatéraux de la baisse de l’activité chez les sous-traitants et le chômage technique, qui affecteront la confiance des consommateurs. Actuellement, de plus en plus d’entreprises belges ferment de leur plein gré afin de ne pas porter préjudice à la sécurité de leur personnel et des clients.

En outre, la crise du corona provoque un choc considérable sur l’offre dans le secteur industriel. Des problèmes de livraison en provenance de la Chine, et à présent aussi du reste de l’Europe, perturbent gravement les chaînes de production. Via ce canal, nous voyons un impact énorme sur l’industrie avec, en corollaire un chômage technique et des faillites possibles.

Le choc économique est atténué par le système du chômage technique et la possibilité de reporter le paiement des impôts pour les entreprises touchées. De plus, le gouvernement flamand libère des fonds supplémentaires pour les garanties de crise pour les entreprises ainsi qu’une indemnité forfaitaire pour les entreprises obligées de fermer. Notre déficit public s’envolera dès lors cette année et il est très probable qu’il dépasse le seuil de Maastricht de 3%. De nouvelles estimations du Comité de monitoring tablaient fin de la semaine dernière sur un déficit de 2,77% sur la base d’un chiffre de croissance bien trop élevé de 1,4%. Si la croissance est revue à la baisse à 0,2%, le déficit public grimpera automatiquement à au moins 3,5%. Heureusement, la Commission européenne a promis de fermer les yeux sur le dérapage budgétaire dans les pays touchés.

La commission Von Der Leyen prévoit aussi un ‘fonds corona’ de 25 milliards d’euros pour venir en aide aux entreprises et au secteur des soins et pour maintenir le niveau des investissements. De même, la Banque centrale européenne donnera un coup de pouce supplémentaire à l’économie par le biais de nouveaux crédits à long terme très bon marché pour les banques ainsi qu’un nouveau programme de rachat d’obligations d’un montant de 120 milliards d’euros.

Belfius s’attend à un recul de l’économie belge au cours des deux premiers trimestres. Nous prévoyons donc une récession technique qui, contrairement aux autres récessions qu’a connues la Belgique, sera de très courte durée et connaîtra une reprise rapide. Dans notre scénario de base, le virus sera sous contrôle pour l’été, de sorte que les choses se normaliseront au second semestre. Le redressement prudent de l’économie dans les pays de la zone euro, que nous constations avant l’éclatement de l’épidémie de coronavirus, pourra alors se poursuivre, soutenu par la politique budgétaire et monétaire expansive, le prix bas du pétrole et un effet de rattrapage partiel mais certes musclé de la consommation et de la production mises en veilleuse. Nous comptons sur une croissance légèrement positive de 0,2% pour toute l’année, avec des risques de baisse si l’épidémie devait durer plus longtemps ou si la Belgique devait appliquer un lockdown complet.


Notre dossier sur le coronavirus

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