La BCE va-t-elle intervenir pour atténuer les effets du coronavirus

10 mars 2020

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  • Belfius Research abaisse les prévisions de croissance économique pour la Belgique à 0,7% pour 2020.
  • Le coronavirus affectera considérablement l’économie européenne au premier semestre.
  • Les bourses se redressent dans l’espoir de voir des interventions massives des autorités et notamment une intervention flagrante de la Banque centrale européenne.
  • Une intervention musclée de la BCE, qui peut soutenir les marchés des actions, devient de plus en plus probable.

Tout d’abord, la mauvaise nouvelle. Belfius Research a de nouveau revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la Belgique et la zone euro. L’économie européenne ne progressera que de 0,6% en 2020 et l’économie belge de 0,7%. La propagation rapide du coronavirus sur le sol européen et dans le reste du monde affectera considérablement l’activité économique au premier semestre. Au second semestre, nous tablons sur une forte reprise, si nous parvenons à endiguer le virus d’ici là.

La bonne nouvelle est que l’économie chinoise reprend du poil de la bête. Aujourd’hui, le président chinois Xi Jinping a visité la province de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus. 12 hôpitaux de campagne ont été fermés. Les Chinois donnent le signal que le pire est à présent passé. Attendons cependant encore un peu d’en être certains. Il est possible que le virus se réactive si les gens recommencent à être en contact les uns avec les autres. Cela signifie d’emblée aussi que les mesures draconiennes de quarantaine en Italie dureront sans doute plus longtemps. Hier, l’Italie a décidé de confiner tout le pays, après avoir constaté près de 10.000 contaminations.

Ce type de mesure peut aussi toucher d’autres pays européens. Les répercussions seront sensibles partout. L’économie mondiale est imbriquée dans des chaînes de production très complexes et longues, ce qui provoque des ruptures de stocks dans des entreprises qui n’arrivent plus à se procurer des pièces ou des produits finis.

En outre, le secteur des services est sous pression. Des voyages et des événements sont annulés. Les fréquentations dans l’horeca peuvent piquer du nez. Nombreuses sont les dépenses de consommation qui seront perdues pour toujours. Un événement annulé aujourd’hui ne se tiendra pas à une date ultérieure dans l’année. De plus, la confiance des consommateurs, qui était encore élevée, peut en prendre un sérieux coup. Cela touchera aussi l’économie.

Entre-temps, la vague de panique en Bourse a complètement tourné. Hier, l’Eurostoxx-600 a encore perdu 7 pour cent et avait déjà cédé 20% depuis le début de la panique liée au coronavirus. Aujourd’hui, les bourses se sont redressées, après les signaux prometteurs de la Chine, les promesses mondiales d’incitants importants des gouvernements, mais aussi parce que les marchés partent du principe que la BCE interviendra jeudi.

La Banque centrale européenne a cependant très peu de marge. Le taux directeur est négatif à -0,5% depuis un certain temps déjà. Et la question est de savoir si une nouvelle baisse de taux peut apporter une consolation. En tout cas, cela arrangera à peine la situation de l’Italie, déjà faible. Le taux directeur italien grimpe à pas de géant en raison d’une vente massive d’obligations d’État italiennes. Les marchés craignent aussi que les banques italiennes extrêmement fragiles ne connaissent dès lors rapidement des problèmes. Une situation qui fait penser à la crise de l’euro de 2011. La BCE surveille sans aucun doute de très près ce pays du sud de l’Europe.

En ce moment, les marchés prévoient que la BCE abaissera de nouveau son taux jeudi de dix points de base à -0,6%. Mais ce ne sera sans doute pas une solution pour l’Italie. Une augmentation du rachat controversé d’obligations d’État pourrait en être une. Déjà maintenant, la BCE rachète chaque mois pour 20 milliards d’obligations d’État; elle pourrait accroître ce montant pour rétablir la confiance. Les marchés comptent également sur une nouvelle vague de prêts à long terme bon marché pour les banques, pour éviter qu’elles ne puissent plus octroyer de crédits aux entreprises.

La BCE a encore une raison de plus d’intervenir. Les perspectives d’inflation se sont fortement dégradées sur le marché et vont de nouveau dans le sens d’un scénario de déflation. Une baisse des prix, donc. Cela est dû à la chute du prix du pétrole et à un dollar meilleur marché, qui rendent les importations moins chères. La déflation est un film d’épouvante pour la BCE. L’été dernier, lorsque les marchés financiers tablaient sur un même scénario, la BCE a surpris avec un large éventail de mesures. Nous attendons donc avec impatience les décisions de la BCE de jeudi.


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