Frank Maet
Senior Macro Economist @Belfius
24 août 2026
Frank Maet
Senior Macro Economist @Belfius
L’économie européenne a étonnamment bien résisté au cours du deuxième trimestre, malgré la guerre au Moyen-Orient et le choc énergétique qui l’accompagne. Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a progressé de 0,4 % sur les mois d’avril-mai-juin par rapport aux premiers mois de l’année. Le leader en matière de croissance économique a de nouveau été l’Espagne (+0,7 %). Les trois plus grandes économies de la zone euro, l’Allemagne, la France et l’Italie, ont toutes affiché une croissance positive au deuxième trimestre.
C’est surtout l’industrie allemande qui semble enfin connaître cette année une accélération de la croissance tant attendue. La production industrielle a augmenté trois mois d’affilée et les enquêtes auprès des entreprises indiquent une nette amélioration du sentiment. Les commandes d’usines sont également en hausse, ce qui profite aux exportations allemandes.
Les ménages européens ont subi en avril et mai un choc important en raison de la forte hausse des prix de l’énergie, mais l’impact sur la consommation globale est finalement resté limité. La seconde moitié de l’année s’annonce toutefois difficile en raison de l’incertitude entourant les prix de l’énergie. Les bonnes et mauvaises nouvelles concernant les négociations entre les États-Unis et l’Iran se succèdent à un rythme soutenu, entraînant de fortes fluctuations des prix de l’énergie. Les prix du pétrole, du gaz et d’autres matières premières restent pour l’instant sous l’emprise des nombreux rebondissements dans le détroit d’Ormuz, ce qui maintient le risque d’inflation et la volatilité sur les marchés financiers à un niveau élevé.
Lors de la réunion la plus récente, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir le taux de dépôt à 2,25 %. La BCE reste toutefois préoccupée par l’évolution de l’inflation dans la zone euro. Celle-ci s’est élevée à 2,9 % en juillet, soit près d’un point de pourcentage au-dessus de l’objectif d’inflation. Les prix de l’énergie constituent actuellement le principal risque pour l’inflation, mais les prix alimentaires sont également sans aucun doute surveillés de près par la banque centrale. La sécheresse intense qui frappe de vastes régions d’Europe cet été pourrait entraîner une hausse des prix des cultures agricoles plus tard cette année et en 2027. La prochaine réunion de la BCE est prévue en septembre, où nous anticipons une hausse des taux de 0,25 %.
Aux États-Unis aussi, l’inquiétude règne quant à la situation de l’inflation. Tout comme la BCE, la Réserve fédérale a maintenu son taux directeur inchangé le mois dernier, mais les divisions sur la nécessité de relever les taux se sont accentuées. Trois des neuf membres du comité des taux sont favorables à une hausse des taux pour maintenir l’inflation américaine sur une trajectoire durable. La hausse des prix de l’énergie continue d’avoir un impact sur l’économie américaine et la vague d’investissements dans l’IA risque d’alimenter l’inflation des biens. Le nouveau patron de la Fed, Kevin Warsh, qui s’était auparavant exprimé négativement sur les hausses de taux, semble désormais entrouvrir la porte à un resserrement monétaire aux États-Unis.
Sources
Reuters News
ECB.europa.eu
Federal Reserve.gov
Belfius Strategic Research
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