Le conflit militaire au Moyen-Orient dure déjà depuis près de deux
semaines et il ne semble pas qu’une issue soit en vue à court terme.
En raison du blocus iranien du détroit d’Hormuz et des attaques contre
les infrastructures pétrolières et gazières des États du Golfe, une grande
nervosité règne sur les marchés de l’énergie. Par ce détroit, long
de seulement 32 km, transite environ un tiers du commerce mondial total de
pétrole brut et un cinquième du commerce mondial de gaz naturel. Ces
livraisons sont principalement destinées à l’Asie (plus de 80 pour cent), un
pourcentage moindre étant dirigé vers l’Europe.
La perturbation de l’approvisionnement énergétique mondial a fortement
fait grimper les prix du pétrole et du gaz naturel à l’échelle mondiale. Le
prix d’un baril de pétrole brut a atteint un pic de 120 $ ,et reste
au-dessus le niveau de 100 $. Cela représente une hausse de plus de 65 pour
cent par rapport au début de cette année. Le gaz est également devenu beaucoup
plus cher et a augmenté de 87 pour cent sur la même période.
Les États membres de l’Agence internationale de l’énergie (notamment les
États-Unis, le Japon et l’Allemagne) se sont engagés à libérer plus de 400
millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques. Cette mesure
vise à calmer les marchés, mais la libération ne compense qu’en partie les
barils de pétrole perdus en raison du blocage du détroit d’Hormuz.
Une grande incertitude règne quant à l’évolution et à la durée de la
guerre, ce qui sera déterminant pour les effets finaux sur l’économie
mondiale.
Une chose semble certaine : la forte hausse des prix de
l’énergie fera grimper l’inflation chez nous et pèsera en même temps sur la
croissance économique. Dans le scénario de base, Belfius Strategic
Research tient compte d’un conflit qui s’éternise pendant plusieurs mois.
En tant qu’importateur net d’énergie, la zone euro est économiquement
très vulnérable aux chocs énergétiques. Nous nous souvenons encore de la crise
énergétique de 2022 qui a plongé l’économie européenne dans une longue
récession. Bien que cette fois-ci, les prix du gaz et de l’électricité aient
beaucoup moins augmenté qu’en 2022, Belfius Research s’attend à nouveau à un
impact négatif sur l’activité économique, quoique moins prononcé qu’il y a
quelques années. Le nouveau choc énergétique est un revers pour les ménages et
les entreprises, alors même que la croissance du PIB dans la zone euro
semblait repartir début 2026. Outre le coup porté à la confiance, la hausse
des prix de l’énergie pèsera dans les mois à venir sur les dépenses des
ménages et sur les charges de fonctionnement et de transport des
entreprises.
Les perspectives d’inflation doivent également être
révisées en raison de la guerre. Dans le scénario de base,
l’inflation des prix à la consommation dans la zone euro monte vers 3 pour
cent en 2026, soit un ajustement à la hausse considérable par rapport aux
prévisions d’avant la guerre. Pour la Belgique, l’effet sur l’inflation est
encore plus important, car la variation des prix de l’énergie (notamment du
gaz) se répercute plus fortement dans le panier d’inflation belge que dans le
reste de la zone euro.
Sur les marchés financiers, on se demande comment la Banque centrale
européenne (BCE) va réagir à ce mélange néfaste de croissance plus faible et
de prix plus élevés. Il y a quelques semaines à peine, on entendait encore à
Francfort que la BCE se trouvait dans une "bonne position", avec une inflation
autour de 2 pour cent et des signes de reprise de la croissance dans la zone
euro. Aujourd’hui, les responsables de la politique monétaire se trouvent dans
une position moins enviable. La réunion sur les taux d’intérêt de cette
semaine est probablement trop précoce pour un ajustement de la politique de
taux en réaction aux événements au Moyen-Orient.
Par la suite, il est de plus en plus probable que la BCE relève
les taux d’intérêt. Forte de l’expérience de 2022, la banque
centrale ne perdra pas de temps pour resserrer sa politique. D’abord pour
contenir les anticipations d’inflation dans la zone euro, mais aussi pour
limiter les effets de contagion de l’inflation énergétique au reste de
l’économie. Belfius Strategic Research s’attend donc à ce que la BCE relève le
taux directeur à 2,50 pour cent au cours de cette année.
Bien entendu, personne ne sait comment le conflit au Moyen-Orient évoluera dans les temps à venir. C’est pourquoi ces prévisions sont entourées d’une plus grande incertitude que d’habitude. Ce qui semble toutefois assez certain : plus la guerre s’éternise, plus le risque que la croissance économique ralentisse et que l’inflation augmente est grand.
Sources
Reuters News
Source générale : Belfius Strategic Research
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