2026 sera-t-elle l’année du revirement pour l’industrie?

16 février 2026

Frank Maet
Senior Macro Economist @Belfius

  • L’optimisme des chefs d’entreprise américains est en hausse.
  • Le président Trump propose un candidat acceptable pour diriger la banque centrale.
  • L’économie européenne voit la croissance reprendre prudemment.

Assisterons-nous enfin cette année à une reprise de l’industrie? Tant en Europe qu’aux États-Unis, le sentiment des entreprises dans l’industrie manufacturière s’est amélioré en début d’année, après une longue période de pessimisme.

En Amérique, l’indicateur de confiance dans l’industrie a atteint en janvier son plus haut niveau depuis 2022. Les chefs d’entreprise constatent une forte augmentation des commandes et attendent avec impatience les avantages fiscaux pour les investissements cette année. Ceux-ci font partie de la "One Big Beautiful Bill Act" (OBBBA), la loi fédérale qui constitue le cœur de la politique du président Trump.

Malgré la récente résurgence des risques géopolitiques (autour du Venezuela, du Groenland, de l’Iran), les inquiétudes concernant la politique de la Maison Blanche se sont également quelque peu apaisées. Une décision récente du président a été – fait rare – accueillie positivement sur les marchés financiers. Trump a nommé Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à partir de juin en tant que président de la ‘Fed’, la banque centrale américaine. La nomination doit encore être approuvée par le Sénat. Kevin Warsh a déjà siégé au Conseil d’administration de la Fed, de 2006 à 2011. À l’époque, il était connu comme un ‘faucon des taux’, c’est-à-dire quelqu’un de moins enclin à abaisser les taux d’intérêt. Il a conseillé Trump ces dernières années sur la politique économique et est désormais davantage partisan d’un taux directeur plus bas. Warsh est considéré comme un choix acceptable par les investisseurs car il n’est pas un inconnu. D’autres candidats ne pouvaient pas justifier d’expérience en matière de politique ou avaient des idées trop radicales concernant l’assouplissement de la politique monétaire.

En Europe aussi, le sentiment économique s’est nettement amélioré ces derniers temps. Au dernier trimestre 2025, l’économie de la zone euro a déjà connu une croissance plus forte que prévu, de 0,3 pour cent par rapport au trimestre précédent. Il existe des signes que cette tendance pourrait se poursuivre cette année. L’enquête mensuelle de la Commission européenne a montré en janvier que la confiance accrue dans le commerce de détail, les services et l’industrie. L’indice général de confiance a même atteint son plus haut niveau depuis trois ans.

C’est surtout en Allemagne que l’on ose enfin espérer une expansion de l’industrie après des années de récession. Les commandes industrielles allemandes ont augmenté de près de 10 pour cent au dernier trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent. Cela s’explique par les plans du gouvernement allemand de dépenser beaucoup plus pour la défense et d’accélérer les investissements publics – notamment dans les infrastructures.

Cependant, à plus long terme, l’industrie européenne continue de faire face à une série de défis. En premier lieu, la relation commerciale détériorée avec les États-Unis, mais aussi le dumping de produits bon marché en provenance de Chine et les désavantages concurrentiels en matière de coûts énergétiques. Cette semaine, les ‘capitaines d’industrie’ européens et les chefs de gouvernement se réunissent pour aborder ces problèmes. L’ambition est de présenter un plan concret permettant à l’industrie européenne de rivaliser à nouveau avec les États-Unis et la Chine. Sinon, la reprise de la confiance économique que nous observons actuellement dans la zone euro risque d’être de courte durée.

Sources

  • Reuters News
  • Source générale : Belfius Strategic Research

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