La récession liée au Covid-19 limite la baisse des prix immobiliers

17 juin 2020

Frank Maet
Senior Macro Economist @Belfius


Véronique Goossens
Chief Economist @Belfius

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  • Le confinement a considérablement entravé l’activité sur le marché immobilier et de la construction.
  • La profonde récession engendre un choc de revenu négatif pour les ménages et une baisse nominale des prix immobiliers.
  • Néanmoins, l’impact reste limité car suffisamment d’éléments sont encore présents qui soutiennent l’intérêt pour les maisons et les appartements.

Comment la récession liée au Covid-19 se traduira-t-elle sur le marché immobilier belge? Tout comme dans la plupart des secteurs, le confinement porte fortement atteinte à l’activité sur le marché de la construction et de l’achat d’habitations. De nombreux chantiers se sont retrouvés quasiment à l’arrêt à partir de la mi-mars, retardant ainsi de plusieurs mois un grand nombre de projets. Des chiffres provisoires pour la construction au sens large montrent une activité qui a reculé de près de 40% en avril par rapport à l’an dernier.

De même, le marché des achats a été sérieusement perturbé. En avril et mai, lorsque les mesures de quarantaine les plus strictes étaient en vigueur, le nombre de transactions immobilières chez les notaires a baissé de plus d’un quart en comparaison avec la même période de 2019. Mais tout comme dans la construction, nous tablons dans les prochains mois sur un rattrapage grâce à un retour progressif à la normale.

Une autre question est de savoir quelles seront les prestations du marché immobilier après ces mouvements de rattrapage. Le Covid-19 frappe durement notre économie. En raison de la récession, davantage de personnes perdront leur emploi ou subiront des pertes de revenus à la suite du chômage temporaire et reporteront leurs projets d’achat ou de construction pour une durée indéterminée. Une récente enquête révèle qu’un candidat acheteur sur 7 postpose sa recherche en raison des perspectives économiques plus sombres et de l’incertitude planant sur les prix. Cette année-ci, moins de ménages se tourneront probablement vers le marché acquisitif, de sorte que la demande de logements à louer restera forte.

Nous nous attendons à ce que la récession s’accompagne cette année d’une diminution du revenu des ménages, ce qui entraînera une baisse des prix de l’immobilier résidentiel de 2,5 à 3% en 2020. Nos prévisions dépendent naturellement de l’évolution de la reprise économique. Si le virus refait surface et qu’un deuxième confinement s’impose, le préjudice pour le marché immobilier risque d’encore augmenter.

En dépit de la crise économique majeure, des facteurs continuent à soutenir largement la demande sur le marché immobilier. La hausse impressionnante des prix immobiliers entre 2010 et 2019 était surtout due à une demande vigoureuse, alimentée par une croissance du nombre de ménages, la faiblesse des taux et la hausse des revenus. En dépit du Covid-19, deux de ces facteurs restent inchangés, la faiblesse des taux étant le plus important. Nous prévoyons que l’extrême faiblesse des taux sur les marchés financiers durera encore un certain temps. Elle soutient les prix sur le marché immobilier de deux manières: il est intéressant pour les acheteurs d’emprunter et elle suscite l’intérêt des investisseurs immobiliers, a fortiori maintenant que les prix diminuent quelque peu.


Notre dossier sur le Covid-19

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