Solide reprise de l’économie belge au troisième trimestre

29 octobre 2020

Annelore Van Hecke
Senior Macro Economist @Belfius


Véronique Goossens
Chief Economist @Belfius

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Après un plongeon historique de 11,8% au deuxième trimestre, nous avons assisté à un rebond de pas moins de 10,7% de l’économie belge aux mois de juillet, août et septembre.

Ce chiffre témoigne d’une reprise solide mais incomplète. Il n’est pas encore question d’un retour au niveau d’activité économique d’avant la crise du Covid-19. Selon la dernière enquête de la Banque Nationale, le chiffre d’affaire des entreprises belges est encore inférieur de 14% à celui d’avant la crise. La reprise s’explique principalement par l’augmentation des dépenses des ménages. En dépit de la crise, le pouvoir d’achat de la plupart des Belges s’est maintenu et, en raison des staycations massives, nous avons également assisté à une augmentation des dépenses consacrées aux vacances en Belgiques. De même, les investissements immobiliers se sont fortement accrus, étant donné que le Covid-19 a entraîné une augmentation de la demande d’habitations avec jardin et de résidences secondaires à la côte. Par contre, les investissements des entreprises n’ont enregistré qu’une reprise modeste en raison de la grande incertitude et de la faible demande (à l’exportation) de produits et services.

Les perspectives pour le quatrième trimestre sont sombres. La remontée du chiffre d’affaires des entreprises après le premier lockdown avait déjà marqué un arrêt en septembre et nous n’avons pas non plus constaté d’amélioration en octobre. Les différences entre les secteurs restent considérables. L’horeca et le secteur de l’art, la culture et les loisirs sont touchés de plein fouet par les nouvelles mesures de confinement. Mais les secteurs qui ne sont pas obligés de fermer souffrent également de la recrudescence du virus. En octobre, nous avons constaté une forte chute du chiffre d’affaires dans le commerce de détail en produits non alimentaires, parce que, par crainte du virus, les gens font moins de shopping. Dans l’industrie et la construction, nous n’avons provisoirement pas constaté l’impact de la deuxième vague de contaminations, même si elles rencontrent des problèmes d’absentéisme car de plus en plus de membres de leur personnel tombent malades ou sont mis en quarantaine en cas de test Covid positif.

Le virus garde l’économie belge sous son emprise. La deuxième vague et les perspectives revues à la baisse pour l’an prochain accentueront les dommages permanents à l’économie, avec plus de faillites et de licenciements. Les chiffres de la Banque nationale montrent que près d’une entreprise sur deux ne pourra survivre après un deuxième lockdown qu’avec les mesures de soutien nécessaires des pouvoirs publics. Pour les entreprises de l’horeca ou du secteur de l’art et des loisirs, il s’agit de presque 8 entreprises sur 10 dont la survie dépend directement de ce soutien. Dès lors, les autorités doivent continuer à veiller à ce que les entreprises saines ne ferment pas, avec un soutien direct dans les secteurs les plus touchés, mais aussi en prolongeant des mesures qui arrivent à échéance à la fin de cette année, telles que le système du chômage temporaire et la possibilité d’emprunter avec la garantie de l’État.



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