Après la ruée des investisseurs vers les secteurs cycliques tels que la banque et l'énergie, le moment est à nouveau venu pour le secteur défensif de la santé de briller. Pourquoi un portefeuille d’actions bien diversifié ne devrait pas se passer d’actions pharmaceutiques? En voici les principales raisons.

Ces derniers mois, les marchés boursiers ont piqué du nez. L'invasion russe de l'Ukraine a engendré non seulement beaucoup d'incertitude, mais aussi une flambée des prix du pétrole et du gaz. La hausse de l’inflation a boosté les taux, au détriment des actions. Malgré ce début d'année difficile, nous attribuons une pondération neutre aux actions. Un profil de risque moyen pourrait donc investir environ la moitié du portefeuille en actions. Dans ce contexte, nous privilégions cependant les actions défensives d'entreprises disposant d’un pricing power et d’un bon management prônant l’innovation. Un profil d’entreprises que l’on trouve notamment dans le secteur des soins de santé.


Des qualités défensives


À l’instar du secteur des biens de consommation défensifs (alimentation, boissons...), les soins de santé sont peu sensibles aux cycles économiques. Les dépenses de santé sont en effet déterminées par des tendances structurelles à long terme, telles que le vieillissement de la population et sa prospérité, et l’innovation médicale continue. Ces dix dernières années, tout cela a permis au secteur d’afficher une croissance stable de ses bénéfices. Et les dépenses de recherche en soins de santé – y compris celles des instances gouvernementales – ont été dopées par la pandémie de Covid.


Croissance à un prix raisonnable


Au deuxième trimestre 2022, la plupart des sociétés pharmaceutiques et de biotechnologie ont affiché de beaux bénéfices. Aux USA, 79% des sociétés pharmaceutiques de l’indice S&P 500 ont même dépassé les attentes prévisionnelles en termes de bénéfices. Ainsi, sur une base annuelle, les bénéfices ont progressé de 7%. En Europe aussi, 71% des entreprises du secteur de la santé ont mieux performé que prévu, avec une croissance moyenne des bénéfices de 6%. Selon les analystes, cette croissance des bénéfices dans le secteur devrait se maintenir aussi en 2023.1


En outre, cette progression attractive va de pair avec un prix raisonnable. Sur la base du ratio cours/bénéfices attendu pour les douze prochains mois, le secteur mondial de la santé est nettement plus abordable que le marché dans son ensemble. Il existe toutefois des différences entre les sous-secteurs de la santé, dont les équipements médicaux et les services de santé relativement plus onéreux que les secteurs pharmaceutique et biotechnologique.

Le rôle des aspects cliniques


Bien entendu, les performances du secteur mondial de la santé sont aussi fortement liées aux succès cliniques, surtout en biotechnologie. À cet égard, la nomination de Robert Califf comme nouveau commissaire de l’agence américaine Food & Drug Administration, est une bonne nouvelle. Robert Califf est connu pour sa volonté de mettre efficacement l'innovation au service des patients. L'approbation de nouveaux traitements, de nouvelles entités moléculaires, devrait dès lors rester un catalyseur important dans le domaine.


Des avancées cliniques, notamment en immuno-oncologie, oncologie ciblée, maladies dégénératives (Alzheimer) et édition génomique2 pourraient être franchies dans les prochaines années. Celles-ci déboucheront sur de nouveaux traitements qui transformeront les standards actuels en matière de soins de santé. Avec potentiellement à la clé une accélération de l’activité des fusions-acquisitions au sein des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques. En outre, les géants pharmaceutiques disposent de beaucoup de liquidités (notamment grâce aux surplus de recettes générés par les produits COVID-19), ce qui laisse de la marge pour des acquisitions.


Valeurs pharmaceutiques et biotechnologiques


Le ralentissement de la croissance mondiale devrait à nouveau attirer les investisseurs vers des secteurs de croissance défensifs, comme les soins de santé. Si tel est le cas, le secteur est susceptible de surpasser les performances du reste du marché. Pour l’instant, nous privilégions les grandes sociétés pharmaceutiques dont les valorisations sont attractives, et les sociétés de technologies médicales spécifiques, qui profitent de la réouverture post-Covid. Et pour les valeurs biotechnologiques plus volatiles, dont les valorisations se sont nettement repliées, nous préconisons des achats échelonnés.



1 Source: JP Morgan et Candriam
2 L’édition génomique est une méthode qui consiste à adapter délibérément et de manière ciblée l’ADN d’un organisme.


Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, pas de recommandation d’investissement, ni de recherche indépendante en matière d’investissement. Si vous êtes à la recherche de conseils en investissement personnalisés, vous pouvez vous adresser à votre conseiller financier qui se fera un plaisir d’examiner avec vous les effets éventuels de cette vision sur votre portefeuille d’investissements personnel. Les chiffres mentionnés sont des instantanés et sont susceptibles d’évoluer.