L'automne approche. L'année boursière a été bonne jusqu'à présent. L'économie se rétablit plus rapidement que prévu dans de nombreux pays. Les taux d'intérêt restent provisoirement bas, mais l’inflation augmente. Quels fauteurs de trouble peuvent entraver le rally boursier? Devons-nous mettre nos bénéfices boursiers à l'abri?

Inflation


L'inflation remonte dans le monde entier. Les hausses de prix résultent de la reprise musclée de l’économie mondiale et de l'augmentation de la demande. Ce sont les prix des matières premières qui ont grimpé en premier. Après les baisses considérables enregistrées au printemps 2020, au plus fort de la crise du Covid, nous avons d'abord assisté à une normalisation des prix. À présent, ceux-ci s’emballent en raison de la forte demande, laquelle entraîne une pénurie de pièces détachées. En raison de la pénurie de puces, par exemple, certaines usines automobiles sont à l’arrêt et les prix des voitures d’occasion augmentent. Nous croyons cependant que cette pénurie de puces est temporaire. Les fabricants vont, d'une part, accroître leur capacité de production et, d'autre part, la demande (notamment de PC et d’autres outils de télétravail) va diminuer progressivement. Maintenant que les économies sont à nouveau ouvertes, le schéma de consommation va évoluer vers davantage de services (horeca, loisirs, tourisme). Le manque de puces sera vraisemblablement comblé ces prochains mois, d'autant plus qu’il n’existe pas de pénurie structurelle des matières premières de base qui les composent. Il en va autrement pour le pétrole et les métaux rares.


En dépit de la transition verte, la demande de pétrole continue à grimper, surtout dans des pays comme la Chine, l’Inde... Cependant, l’offre ne suit pas. Avec l’élection de Biden, les investissements dans le pétrole de schiste ont été fortement réduits. L’Arabie Saoudite a besoin d'un prix de 80 dollars par baril pour maintenir son budget fiscal en équilibre. Le pays insiste auprès des autres membres de l’OPEP pour qu'ils disciplinent la production. Le cartel produit encore moins de barils par jour qu’au début de la pandémie. Nous n'attendons dès lors pas de baisse des prix pétroliers, ni des métaux nécessaires pour la transition verte. Enfin, étant donné les conditions météorologiques extrêmes de cet été, les prix de l'alimentation vont également grimper.


Belfius Research s'attend à un recul de l’inflation en 2022:

Perspectives d'inflation 2021 2022
Zone euro 2.1% 1,6%
États-Unis 3,5% 2,5%

Taux


La faiblesse des taux explique en grande partie le regain boursier. Si l’inflation augmente trop fortement, les banques centrales pourraient s’empresser de saisir l’arme des taux. Toutefois, le risque est très faible dans les pays développés. Les banques centrales, tant aux USA qu’en Europe, considèrent la recrudescence de l’inflation comme un phénomène temporaire. La banque centrale américaine n’envisage sa première hausse des taux qu’en 2023. Tant que l'économie ne tourne pas à plein régime, elle tient à éviter absolument toute augmentation brutale des taux. C’est pourquoi elle prépare lentement le marché à une suppression progressive du programme obligataire, sans doute début 2022. La banque centrale européenne n’a pas de projets d'augmentation des taux ni de suppression de son programme obligataire. Certains analystes parlent même d'une première augmentation des taux en 2025 seulement! De plus, la BCE mise sur une inflation de 2%, au lieu de l’ancien objectif «proche, mais juste au-dessous de 2%». Une nuance, mais le nouvel objectif donne plus de flexibilité pour autoriser une inflation supérieure à 2%.

Dans les pays émergents, l'augmentation de l’inflation a déjà entraîné des hausses de taux. Par exemple: cette année, le Brésil a déjà augmenté le taux 4 fois pour freiner l’inflation, avec peu de succès vu que les hausses de prix sont également la conséquence de la sécheresse extrême, ce qui entraîne une hausse du coût non seulement de l’alimentation, mais aussi de l’électricité (les lacs artificiels étant à sec).


Covid-19


Le caractère imprévisible du virus peut encore entraver la reprise économique. La Chine et les pays avec un faible taux de vaccination constituent un risque. L’efficacité des vaccins chinois n’est pas encore établie. De plus, à la moindre réapparition du virus, la Chine prend des mesures radicales avec des confinements très stricts. Un ralentissement de la croissance chinoise pourrait avoir une influence sur le monde entier.


Cependant, nous ne croyons pas que de nouveaux variants vont avoir autant d’impact économique et humain. Jusqu’à présent, les vaccins occidentaux sont très efficaces. Vivre avec le Covid-19 sera la nouvelle normalité.


Fin du rally boursier?


Pour le moment, les actions ne sont pas bon marché. Ces 12 prochains mois, nous nous attendons à des hausses boursières plus limitées que l’an dernier. Les facteurs perturbateurs évoqués ci-dessus pourraient entraîner plus de fluctuations. Toutefois, nous ne nous tracassons pas trop: nous ne prévoyons pas d'hyperinflation et la hausse des taux sera très progressive. Les taux réels (taux après déduction de l’inflation) peuvent rester négatifs encore longtemps, ce qui constitue un soutien non négligeable pour les marchés d'actions.


Le fait que vous mettiez déjà vos gains à l’abri ou non dépend de différents facteurs (horizon d'investissement, appétit pour le risque). C’est toujours une bonne idée de le faire si certains secteurs, régions ou positions ont une pondération (trop) élevée. Par exemple, vous pouvez les transférer dans des investissements structurés avec droit partiel au remboursement de votre capital investi. Parlez-en à votre conseiller financier. À long terme, nous sommes persuadés que les actions méritent une place dans chaque portefeuille.

 

Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, pas de recommandation d’investissement, ni de recherche indépendante en matière d’investissement. Si vous êtes à la recherche de conseils en investissement personnalisés, vous pouvez vous adresser à votre conseiller financier qui se fera un plaisir d’examiner avec vous les effets éventuels de cette vision sur votre portefeuille d’investissements personnel. Les chiffres mentionnés sont des instantanés et sont susceptibles d’évoluer.