Nicolas Deltour
Head of Investment Strategy
Frédéric Heirebaudt
Investment Strategy
23 juillet 2026
Nicolas Deltour
Head of Investment Strategy
Frédéric Heirebaudt
Investment Strategy
Le modèle 60/40, basé sur une corrélation historique entre actions et obligations, doit évoluer face aux nouveaux régimes économiques. Comment s’adapter?
Un portefeuille mixte en général composé de 60% d’actions / 40% d’obligations repose sur une hypothèse très simple: quand les actions baissent, les obligations montent. Cette corrélation négative s'est surtout construite entre la fin des années 1990 et le début des années 2020, dans un monde de faible inflation et de taux en baisse.
Depuis, le régime a changé. Inflation plus persistante, taux plus élevés, incertitude géopolitique. La fluctuation impévisible de l’inflation peut influencer la relation historique entre actions et obligations. Le lien dépend donc principalement du contexte économique en cours.
L’hypothèse selon laquelle les actions et les obligations constituent toujours une bonne diversification repose sur un régime macroéconomique spécifique: une croissance stable, une inflation en baisse et des banques centrales capables de réduire leurs taux d’intérêt en période économique difficile.
Dans ce contexte, la répartition classique d’un portefeuille mixte 60% actions/40% obligations fonctionne parfaitement. Cependant, cette répartition de portefeuille peut se comporter très différemment selon les quatre principaux régimes macroéconomiques comme le montre le diagramme ci-dessous.
Source: Belfius Investment Strategy
Pour les actions, la rotation sectorielle est une stratégie boursière consistant à déplacer ses capitaux d'un secteur économique à un autre en fonction des phases du cycle macroéconomique. Puisque l'économie est cyclique, certains secteurs performent mieux à certains moments, permettant aux investisseurs d'optimiser leurs rendements potentiels.
Pour les investisseurs en obligations, il y a lieu de réfléchir plus attentivement aux obligations à privilégier, à leur exposition en termes de duration et au contexte macroéconomique. Dans un contexte de sensibilité à l'inflation, les obligations nominales à long terme peuvent ne pas offrir la protection attendue par les investisseurs. Les obligations à court terme, les TIPS1, la dette privée, les liquidités et certains actifs réels comme les matières premières ou les infrastructures peuvent constituer des outils de diversification plus efficaces.
La plupart des portefeuilles sont encore construits sur des moyennes historiques qui tiennent peu compte des changements dans le régime macroéconomique. Or, le risque se manifeste rarement sous forme de moyenne. Si la construction de votre portefeuille repose uniquement sur l'hypothèse que les obligations augmenteront toujours lorsque les actions baisseront, vous risquez peut-être de vous fier à un régime qui ne se présentera pas lorsque vous en aurez le plus besoin. Dans un monde caractérisé par une inflation structurellement élevée, des corrélations imprévisibles et des chocs géopolitiques sur les marchés des matières premières, les investisseurs recherchent des sources de rendement présentant peu de corrélation avec les actions et les obligations.
1TIPS: l'acronyme TIPS désigne les Treasury Inflation-Protected Securities. Ce sont des obligations souveraines américaines émises par le Trésor américain, spécifiquement conçues pour protéger les investisseurs contre l'inflation.
Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, ni de recommandation d’investissement ou de recherche indépendante en matière d’investissements. Les chiffres cités reflètent une situation à un moment donné et sont susceptibles d’évoluer.
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