Un Brexit avec accord est-il encore possible ? Le verdict tombera cette semaine

16 octobre 2019

Actuellement, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et les négociateurs de l’Union européenne effectuent une course contre la montre pour réussir à préparer une proposition de divorce d’ici demain, jeudi. Les chefs d’État et de gouvernement européens pourraient alors l’approuver lors du sommet de l’U.E. à Bruxelles. Il s’agit du sommet de la dernière chance pour arriver à un accord négocié avant le Brexit le 31 octobre. Mais il ne semble pas que les négociateurs réussissent à conclure un deal en dernière minute. Le tout dernier plan du Premier ministre britannique, Boris Johnson, pour la question de la frontière irlandaise a reçu un accueil glacial de l’U.E.. Dans cette proposition, l’Irlande du Nord continuerait à faire partie de l’union douanière britannique et des contrôles ciblés seraient effectués dans les ports nord-irlandais. Le négociateur en chef de l’U.E., Michel Barnier, ne voulait toutefois pas entendre parler de ces contrôles aux frontières car l’Europe craint qu’ils ouvrent la porte aux abus. L’optimisme de ces dernières semaines s’est dès lors à nouveau envolé. Peu d’analystes croient qu’un accord soit possible cette semaine.


Par ailleurs, le scénario d’une sortie chaotique des Britanniques de l’U.E. le 31 octobre est devenu moins vraisemblable. En septembre, la chambre basse britannique a voté une loi qui rend un Brexit sans accord impossible dans la pratique. Si aucun deal n’est conclu avec l’U.E. d’ici samedi, le Premier ministre Boris Johnson sera contraint par la loi de demander un report à l’Europe jusqu’au 31 janvier 2020. Nous n’avons actuellement pas connaissance d’un plan de Boris Johnson pour l’éviter.


Un report permettrait l’organisation d’élections, ce qui impliquerait une redistribution des cartes. Par exemple, un nouveau parlement élu pourrait être plus ouvert à des compromis avec l’U.E., mais en outre, le scénario d’un report plus long, voire même d’un nouveau référendum ne serait alors pas exclu. Selon de récents sondages, les Conservateurs ont le plus de chances de gagner de nouvelles élections et de remporter la majorité parlementaire.


Pendant que les politiciens se chamaillent à Westminster à propos du divorce avec l’U.E., l’économie britannique panse ses blessures. Cette année, la croissance économique a déjà chuté de 2,1 % à 1,3 % et les économistes craignent qu’une sortie chaotique de l’U.E. plonge le R.U. dans la récession en 2020. Le ralentissement de l’économie mondiale joue, certes, un rôle indéniable mais l’incertitude liée au Brexit pèse en plus sur la confiance et les projets d’investissement des entreprises britanniques. Dans la zone euro également, l’impact de l’incertitude persistante se marque clairement dans les chiffres. La croissance du PIB se maintient provisoirement chez nous, mais en Allemagne, le moteur de la croissance s’est arrêté. Une sortie plus ou moins ordonnée du R.U. pourrait être la première étape d’un rétablissement prudent de la confiance économique.

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