1. Mars 2026
Tensions géopolitiques et pressions sur l’énergie
Le mois de mars a été marqué par de fortes fluctuations (volatilité) sur les marchés financiers, principalement liée au conflit au Moyen‑Orient. Les inquiétudes autour de l’approvisionnement énergétique ont entraîné d’importantes fluctuations du prix du pétrole, chaque signal d’escalade ou d’apaisement dans la région provoquant des mouvements brusques. Tant que le Détroit d’Ormuz restera partiellement bloqué pour le transit maritime, les pressions sur les prix de l’énergie devraient se maintenir à un niveau élevé. Le marché anticipe toutefois une normalisation progressive des prix du baril à moyen terme, bien qu’ils devraient rester supérieurs à leurs niveaux d’avant‑guerre.
Inflation, taux et anticipations de marché
Cette tension sur les prix de l’énergie a particulièrement affecté les économies dépendantes des importations, comme l’Europe, le Japon ou encore plusieurs pays émergents. Les anticipations d’inflation y ont été révisées à la hausse, ce qui a provoqué une remontée des taux d’intérêt. Dans un environnement où l’inflation pourrait se montrer plus persistante, les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour compenser l’érosion du pouvoir d’achat. En parallèle, les banques centrales ont maintenu leurs taux directeurs inchangés en mars en raison du niveau d’incertitude, mais les attentes de marché ont évolué : les baisses de taux initialement envisagées aux États-Unis ont été abandonnées, tandis qu’en Europe, certains anticipent désormais des hausses de taux par la Banque Centrale Européenne.
Répercussions sur les actifs financiers et conditions globales
La hausse des taux réels a entraîné une correction du prix de l’or, qui n’a pas joué son rôle habituel de valeur refuge, les investisseurs percevant désormais le risque d’inflation comme plus déterminant. À l’inverse, le dollar américain s’est légèrement apprécié, retrouvant temporairement son statut de valeur refuge. L’appréciation de la devise américaine, combinée à la hausse des prix de l’énergie, a néanmoins durci les conditions financières mondiales, mis sous pression les devises émergentes et pesé sur les perspectives de croissance internationale.
2. Stratégie d’allocation actions
Chez Belfius Asset Management, nous avons activement ajusté notre positionnement face à la montée des instabilités sur les marchés. Du côté des actions, nous avons adopté une légère sous‑pondération et réduit notre exposition aux régions les plus sensibles au choc énergétique, notamment le Japon, l’Europe et les marchés émergents. Parallèlement, nous avons renforcé notre exposition au dollar en allégeant la couverture de change. Nous avons également diminué notre position dans les financières américaines, compte tenu des risques liés au marché du crédit privé aux États‑Unis.
Dans le même temps, et face à l’augmentation de la volatilité (c’est‑à‑dire l’intensification des fluctuations de marché), nous avons ajusté nos stratégies optionnelles là où cela était possible, afin d’intégrer le risque géopolitique et de tirer parti de ces mouvements plus marqués.
Enfin, nous avons renforcé notre allocation à l’or, estimant que la récente correction était excessive au regard des fondamentaux et du rôle essentiel de diversification que joue ce métal dans le portefeuille.
3. Stratégie Obligataire
Du côté des obligations, nous avons adopté une approche prudente et opportuniste face au contexte de marché. Nous avons d’abord réduit notre exposition à la dette émergente en devise locale dès le début du conflit, afin de sécuriser les profits accumulés sur cette classe d’actifs.
Parallèlement, la remontée des taux nous a conduits à allonger progressivement la duration (sensibilité aux taux) du portefeuille, afin de revenir vers une position plus neutre.
Enfin, nous avons diminué notre exposition au risque de crédit en allégeant nos positions en obligations d’entreprises au profit d’obligations souveraines, jugées plus résilientes dans un environnement de marché incertain.