Maud Reinalter,
Chief Investment Officer
Thomas Stul,
Head of Collective Portfolio Management
15 juin 2026
Sans grande surprise, l’attention des investisseurs s’est portée vendredi dernier sur SpaceX, l’une des entreprises privées les plus emblématiques au monde. Fondée par Elon Musk en 2002, la société s’est imposée comme un acteur incontournable du secteur spatial grâce à ses lanceurs réutilisables, à ses contrats avec la NASA et au développement de la constellation de satellites Starlink.
Au-delà de son rôle dans l’industrie spatiale, SpaceX est devenue au fil des années un symbole de l’innovation technologique américaine et de la capacité du secteur privé à transformer des industries historiquement dominées par les acteurs publics. La croissance rapide de Starlink, qui fournit aujourd’hui des services d’accès à Internet dans de nombreuses régions du monde, a également renforcé l’intérêt des investisseurs pour le modèle économique du groupe.
L’introduction en bourse de l’entreprise sur les marchés publics était donc très attendue. Après avoir fixé son prix d’introduction à 135 dollars par action, le titre a clôturé à 160,95 dollars, en progression de 19 % sur la journée. Cette envolée a porté la valorisation du groupe au-delà de 2 000 milliards de dollars, faisant de SpaceX l’une des plus grandes entreprises cotées au monde dès son premier jour de Bourse. L’opération, qui a levé 75 milliards de dollars, constitue la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée. Cet accueil enthousiaste reflète la confiance des investisseurs dans les perspectives de croissance de SpaceX, notamment via Starlink, les lancements spatiaux et ses ambitions dans les infrastructures technologiques de nouvelle génération. Néanmoins, comme toute introduction en bourse, de fortes fluctuations restent à attendre dans les semaines à venir, car rappelons qu’une grande partie de la valorisation de SpaceX est basée sur des espoirs de développement (dans le domaine spatial mais aussi et surtout AI) plutôt que sur des résultats déjà probants.
La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis près de trois ans, portant le taux de dépôt à 2,25 %, une décision motivée par la persistance de l’inflation et son élargissement au-delà du seul secteur énergétique. Cette mesure, prise à l’unanimité par le Conseil des gouverneurs, intervient dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient, qui continue de peser sur les prix de l’énergie et, par ricochet, sur l’ensemble de l’économie. Christine Lagarde a souligné que cette hausse n’était pas une décision "préventive" ou "d’assurance", mais une réponse nécessaire pour éviter que l’inflation ne s’installe durablement au-dessus de l’objectif de 2 % fixé par l’institution.
Les nouvelles projections économiques de la BCE reflètent un environnement incertain et contrasté. L’inflation, initialement alimentée par la flambée des prix de l’énergie, s’est progressivement étendue aux biens et services, avec des risques accrus de propagation via les salaires et les marges des entreprises. Les prévisions tablent désormais sur une inflation à 3 % en 2026 et 2,3 % en 2027, avant un retour à 2 % en 2028. En parallèle, la croissance économique est revue à la baisse, avec une progression du Produit Intérieur Brut (PIB) attendue à seulement 0,8 % en 2026 et 1,2 % en 2027, contre des prévisions antérieures légèrement plus optimistes. Cette révision s’explique par l’impact négatif du choc énergétique sur le pouvoir d’achat des ménages, la confiance des consommateurs et l’investissement des entreprises.
Pour les investisseurs, la décision de la BCE ne fait que confirmer un durcissement déjà anticipé de la politique monétaire. Une orientation restrictive déjà intégrée par les marchés – et par Belfius – depuis plusieurs semaines.
La semaine dernière, la publication de l’inflation américaine (CPI) a confirmé que les pressions sur les prix restent plus persistantes qu’anticipé. Les données publiées ont montré une progression des prix à 4.2%, alimentant les interrogations quant au calendrier et à l’ampleur des futures baisses de taux d’intérêt.
Pour les marchés financiers, cette publication est particulièrement importante. Depuis plusieurs mois, les investisseurs espéraient un assouplissement progressif de la politique monétaire afin de soutenir la croissance économique et les actifs risqués. Une inflation qui ralentit moins rapidement que prévu pourrait toutefois conduire la Fed à maintenir des taux directeurs constants plus longtemps, voire à adopter un ton plus restrictif.
L’attention se tourne désormais vers la réunion de la Fed des 16 et 17 juin, qui sera la première présidée par Kevin Warsh. Si les marchés anticipent largement un statu quo sur les taux, les investisseurs seront particulièrement attentifs aux projections économiques et au discours du nouveau président, à la recherche d’indices sur l’orientation future de la politique monétaire.
Cette première réunion constitue un test important pour Kevin Warsh, qui prend les commandes de la banque centrale dans un contexte marqué par une inflation encore élevée, des tensions sur les prix de l’énergie et des attentes de marché parfois contradictoires.
En dépit de l’agitation des marchés la semaine dernière, nous maintenons notre approche constructive sur les actions adoptée fin mai. Si certains sous-secteurs font l’objet de prises de bénéfice, cela n’entache en rien les fondamentaux (bénéfices, valorisation, thèmes porteurs) qui restent globalement très solides.
Au moment d’écrire ces lignes, les marchés apprennent qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran serait sur le point d’être officiellement signé cette semaine, après plusieurs mois de tensions militaires et de négociations intensives. Le projet d’accord prévoit notamment une prolongation du cessez-le-feu, la réouverture progressive du détroit d’Ormuz ainsi que l’ouverture de discussions sur le dossier nucléaire iranien. Cette évolution contribue déjà à la détente des prix de l’énergie et devrait soutenir l’appétit pour le risque en ce début de semaine, offrant un contexte plus favorable aux actifs financiers mondiaux.
Les prochains éléments importants à monitorer seront le comportement de l’action SpaceX lors de ses premiers jours de cotation, l’impact de celle-ci sur la cotation des autres géants de la tech, et le meeting de la banque centrale américaine. La combinaison de ces trois éléments pourrait avoir un impact important sur les actions, les taux et les devises.
Les performances du passé ne sont pas un indicateur fiable des performances actuelles ou futures.
Dans le cas d’un indice de type «Price» les dividendes des actions ne sont pas réinvestis dans l’indice (par opposition à un indice de type «Total Return»). Vous trouverez plus d’informations concernant ces indices sur MSCI Europe Index; MSCI USA Index; MSCI Japan Index; MSCI Emerging Markets Index.
Légende: * JP Morgan ESG EMU 3-5Y, ** Iboxx Euro Corporate Overall, ***Bloomberg Pan-European High Yield Index, **** JPM ESG EMBI Global Div
Les performances du passé ne sont pas un indicateur fiable des performances actuelles ou futures.
Pour un indice du type ‘Total Return’, les dividendes des actions sont réinvestis dans l’indice (contrairement à un indice du type ‘Price’). Vous trouverez plus d’informations concernant ces indices sur JAN12_ESG_EMU_Government_Bond_IG_Index_Methodology ; iboxx-eur-dashboard.pdf (spglobal.com) ; Bloomberg Pan-European High Yield Total Return Index; J.P. Morgan ESG EMBI Global Diversified Index.
#Technologie #Taux #Obligations
Le secteur technologique, sensible aux taux d'intérêt et souvent qualifié de long en duration, a connu une prise de bénéfices après la publication d'un rapport positif sur l'emploi, qui a fait grimper le rendement des obligations du Trésor à 10 ans au-dessus de 4,5 %.
La valorisation des actions reflète la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs (avec une duration effective d'environ 25 ans), actualisés à aujourd'hui. Lorsque le taux d'actualisation (généralement représenté par le rendement à 10 ans) augmente, la valeur actuelle diminue, exerçant une pression à la baisse sur les valorisations de marché. Une variation des taux d'environ 0.08%, appliquée aux entreprises se négociant à 30-40 fois leurs bénéfices prévisionnels, implique une dévalorisation théorique d'environ 2 à 2,5 %, même avant de prendre en compte les effets de sentiment du marché ou de positionnement.
La hausse des taux a ravivé les craintes d'une persistance de taux élevés, entraînant un débouclage des positions surreprésentées dans le secteur. Il s’en est suivi d’une reprise car les fondamentaux restent solides.
L'inflation et le PPI (indice des prix à la production) aux États-Unis ont légèrement augmenté en mai.
Sources: Bloomberg, Belfius Asset Management, State Street
L'inflation et le PPI (indice des prix à la production) aux États-Unis ont légèrement augmenté en mai.
Sources: Bloomberg, Belfius Asset Management
#Inflation #US #Inflation
La hausse des prix à la production, alimentée par les pressions sur les coûts liées à la guerre en Iran, se répercute désormais sur les prix à la consommation, faisant grimper l'inflation américaine à 4,2 %, son plus haut niveau en trois ans. L'inflation sous-jacente a légèrement augmenté pour atteindre 2,9 %, mais l'énergie (carburants) en est le principal responsable et ces coûts énergétiques plus élevés se répercutent maintenant sur d'autres secteurs de l'économie.
Dans un contexte de demande soutenue, comme en témoignent les bons résultats du rapport sur l'emploi, les ménages américains subissent une pression croissante. La hausse des prix et le ralentissement de la croissance des salaires réels pèsent sur le pouvoir d'achat, l'épargne soutenant encore la consommation pour le moment.
Pour la première réunion de Warsh en tant que président de la Fed, une baisse des taux semble exclue. La BCE, en revanche, n'a pas pu attendre et a relevé ses taux de 0.25% face à l'intensification des pressions inflationnistes
#Anthropic #SpaceX #OpenAI
Jusqu'à trois des plus importantes introductions en bourse de l'histoire pourraient avoir lieu d'ici la fin de l'année. SpaceX, Anthropic et OpenAI visent collectivement une valorisation de plus de 3 000 milliards de dollars, chacune visant environ 1 000 milliards malgré des revenus relativement modestes.
Alors que la peur de rater une opportunité s'intensifie à Wall Street, la récente chute des valeurs technologiques pourrait refléter un repositionnement en prévision de l'introduction en bourse très attendue de SpaceX. Cependant, les valeurs liées à l'IA subissent également la pression des inquiétudes concernant les dépenses d'investissement.
En résumé : des doutes persistent à court terme, mais les fondamentaux à long terme demeurent inchangés.
Comment l'introduction en bourse de SpaceX se compare-t-elle aux 100 meilleures introductions en bourse ?
Sources: Financial Times, Bloomberg, Belfius Asset Management
Les performances du passé ne constituent pas des indicateurs fiables pour des performances futures.
Ce document, rédigé et publié par Belfius Asset Management, donne la vision de Belfius Asset Management sur les marchés financiers. Elle ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, ni de recommandation d’investissement ou de recherche indépendante en matière d’investissement. Si vous êtes à la recherche de conseils en investissement personnalisés, vous pouvez vous adresser à votre Private Banker ou Wealth Manager qui se fera un plaisir d’examiner avec vous les effets éventuels de cette vision sur votre portefeuille d’investissements personnel. Les chiffres mentionnés sont des instantanés et sont susceptibles d’évoluer.
Les entreprises mentionnées sont citées à titre d'exemple et leur mention ne constitue pas une recommandation d'achat.
Les performances passées, les simulations de performances passées et les prévisions de performances futures d’un instrument financier, d’un indice financier, d’une stratégie ou d’un service d’investissement ne sont pas des indicateurs fiables des performances futures.
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