Maud-Reinalter

Maud Reinalter,
Chief Investment Officer

 

Donovan-Dath

Donovan Dath,
Portfolio Manager

16 mars 2026

16 mars 2026


Les investisseurs revoient leurs perspectives d’évolution des taux directeurs


Les réunions de la Banque Centrale Américaine et Européenne se tiennent cette semaine
Le marché du pétrole reste sous tension
L’inflation américaine s’établit à 2.4% en février
Belfius Asset Management réduit légèrement son positionnement dans la poche actions


Les marchés réajustent leurs anticipations de mouvements de taux de la part des banques centrales


Cette semaine sera marquée par les réunions de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale des États‑Unis (Fed), deux événements particulièrement suivis par les marchés financiers.

Du côté américain, la Fed devrait maintenir ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion des 17 et 18 mars. Les investisseurs anticipent largement un statu quo à court terme, la banque centrale souhaitant disposer de davantage de données sur l’évolution de l’inflation et du marché de l’emploi avant d’envisager une baisse de taux. Les anticipations de détente monétaire ont cependant été repoussées ces derniers jours : les marchés estiment désormais que les premières baisses pourraient n’intervenir qu’à l’automne 2026, notamment en raison du risque de pressions inflationnistes liées à la hausse récente des prix de l’énergie et dont l’impact sur l’inflation reste encore incertain.

En zone euro, la BCE devrait également laisser ses taux inchangés lors de sa réunion. Le taux de dépôt se situe actuellement autour de 2 % et la banque centrale reste dans une approche « réunion par réunion », dépendante des données économiques. La remontée récente des prix du pétrole et l’incertitude géopolitique rendent là aussi les perspectives d’inflation plus incertaines, ce qui incite les responsables monétaires à la prudence.

Ces derniers jours, les anticipations de marché ont fortement évolué. Alors qu’une baisse de taux était encore envisagée récemment en Europe, certains investisseurs ont récemment commencé à intégrer la possibilité d’un relèvement des taux en 2026 si les tensions sur l’énergie devaient alimenter l’inflation. Chez Belfius Asset Management, notre scénario économique principal envisage lui aussi la possibilité d’un tel rehaussement des taux, mais ceci de manière temporaire avant une reprise des baisses qui pourrait aussi se faire de manière rapide.

Dans ce contexte, les marchés seront particulièrement attentifs aux messages délivrés par les deux banques centrales, notamment concernant l’évolution de l’inflation et le calendrier possible d’assouplissement monétaire au cours des prochains mois.


L’incertitude sur le marché du pétrole perdure


Les marchés pétroliers sont restés particulièrement agités la semaine dernière dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui alimentent les craintes de perturbations de l’offre mondiale. Les investisseurs continuent de surveiller de près les routes d’exportation stratégiques de la région, essentielles pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Dans ce contexte, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont annoncé une action coordonnée exceptionnelle visant à mettre sur le marché environ 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Il s’agit de la plus grande mobilisation de stocks d’urgence jamais décidée par l’organisation, avec pour objectif principal d’atténuer les tensions sur les prix et de stabiliser les marchés de l’énergie.

Cette libération de réserves ne constitue toutefois qu’une mesure temporaire. Elle vise surtout à gagner du temps et à rassurer les marchés face aux risques de perturbations logistiques ou de production. Pour les investisseurs, la question centrale reste l’évolution de la situation géopolitique et la capacité du marché pétrolier à compenser d’éventuelles pertes d’approvisionnement. Dans l’immédiat, la volatilité devrait donc rester élevée sur les prix de l’énergie.


L’inflation américaine en ligne avec les attentes en février


L'inflation aux États-Unis est restée stable à 2,4% en février, chiffre qui a été calculé avant le choc des prix de l'énergie provoqué que l’on constate actuellement. L’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,3% sur le mois et de 2,4% par rapport à l’année précédente, correspondant aux prévisions des économistes dans les publications du mercredi 11 mars.

L’inflation sous-jacente, qui exclut les secteurs de l’énergie et de l’alimentation, s’est établie à 2,5%. Les hausses des prix les plus importantes ont été observées dans les secteurs du logement, des coûts médicaux et des services publics.

Ces chiffres reflètent les prix recueillis au cours des semaines qui ont précédé le début de la guerre en Iran. Ce conflit a provoqué une forte hausse des prix du pétrole qui commence à se répercuter dans l’économie. Par exemple, le prix moyen d’un gallon d’essence aux États-Unis a dépassé les $3,5 ce mardi 10 mars, atteignant son plus haut niveau depuis 2024.

Cette situation pourrait faire remonter le taux d’inflation vers les 3% dans les mois à venir, ce qui renforcerait l’incertitude quant à l’éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve Fédérale. La durée du conflit reste cependant clé et déterminera l’impact global dans les mois à venir.

Chez Belfius Asset Management, nous tenons à rappeler que ces chiffres ne reflètent pas encore les récentes hausses du prix du pétrole suite à la guerre en Iran et restons donc attentifs aux publications des mois suivants. La répercussion sur le prix de l’essence et les coûts en général sera à surveiller, même s’il n’est pas dans l’intérêt de Donald Trump de voir les prix américains s’envoler à l’aube des élections de mi-mandat.


Belfius Asset Management adapte son allocation aux actions


La performance de l'économie mondiale au cours de l'année passée reste solide, malgré les nombreux chocs cela rend le contexte global positif pour les actifs risqués.

Cependant, la possibilité de voir le conflit au Moyen-Orient s’enliser reste un risque. Nous constatons que bien que cette incertitude augmente, la baisse des marchés est restée pour l'instant modérée, c’est pourquoi chez Belfius Asset Management, nous avons légèrement réduit notre exposition aux actions via l'Europe et les pays émergents pour revenir à une position neutre, et ce manière temporaire.

Nous avons donc gardé les liquidités issues des ventes en portefeuille et restons prêts à profiter des dislocations de marché pour nous repositionner.

Du côté obligataire, la hausse récente des taux constatée sur la plupart des échéances pourrait encore se poursuivre, raison pour laquelle nous n’augmentons pas encore la maturité moyenne des obligations en portefeuille. Les réunions des banques centrales de cette semaine devraient nous en apprendre plus sur les perspectives d’évolution de taux pour les semaines à venir.




Sources: Belfius Asset Management, Bloomberg, Refinitiv, Financial Times, CNBC.

Belfius Convictions (en date du 16/03/2026)


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Performance en EUR


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Les performances du passé ne sont pas un indicateur fiable des performances actuelles ou futures.
Dans le cas d’un indice de type «Price» les dividendes des actions ne sont pas réinvestis dans l’indice (par opposition à un indice de type «Total Return»). Vous trouverez plus d’informations concernant ces indices sur MSCI Europe Index; MSCI USA Index; MSCI Japan Index; MSCI Emerging Markets Index.


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Légende: * JP Morgan ESG EMU 3-5Y, ** Iboxx Euro Corporate Overall, ***Bloomberg Pan-European High Yield Index, **** JPM ESG EMBI Global Div

Les performances du passé ne sont pas un indicateur fiable des performances actuelles ou futures.
Pour un indice du type ‘Total Return’, les dividendes des actions sont réinvestis dans l’indice (contrairement à un indice du type ‘Price’). Vous trouverez plus d’informations concernant ces indices sur JAN12_ESG_EMU_Government_Bond_IG_Index_Methodology ; iboxx-eur-dashboard.pdf (spglobal.com) ; Bloomberg Pan-European High Yield Total Return Index; J.P. Morgan ESG EMBI Global Diversified Index.

#Inflation #Fed #US

Les chiffres de l'inflation de février ont évolué dans le bon sens pour la Réserve fédérale, avec une inflation globale stable à 2,4 % et une inflation sous-jacente à 2,5 %. Bien que ces chiffres renforcent l'argumentaire en faveur de futures baisses de taux, ils sont de plus en plus perçus comme une vision rétrospective.

Ces données ont en effet été publiées juste avant l'explosion des prix de l'énergie déclenchée par les tensions entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui ont fait bondir le prix du pétrole brut. L'inflation de mars pourrait augmenter nettement, en raison de la hausse continue des coûts des carburants. Aux États-Unis, les prix de l'essence ont augmenté pendant 11 jours consécutifs. Cependant, les États-Unis restent dans une situation plus favorable que la plupart des pays. Grâce à son haut niveau d'autosuffisance énergétique, elle est moins vulnérable à ces chocs mondiaux que les pays plus dépendants des importations.

Globalement, le choc énergétique lié au conflit redéfinit donc les perspectives d'inflation à court terme.

Évolution du prix moyen de l'essence aux États-Unis ($/gallon)

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Sources: Financial Times, Bloomberg, Belfius Asset Management

Impact de la hausse des prix de l'énergie sur les prévisions d’inflation du quatrième trimestre 2026

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Sources: Financial Times, Bloomberg, Belfius Asset Management


#AIE #Assurance #Pétrole

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a autorisé la plus importante libération de pétrole d'urgence de l'histoire, déployant 400 millions de barils pour stabiliser les marchés perturbés par le conflit au Moyen-Orient et le blocage de facto du détroit d'Ormuz. Cette mesure n'a cependant pas rassuré les investisseurs ; malgré l'annonce, le prix du Brent est rapidement remonté à 100 dollars le baril en fin de semaine (13 mars).

La crise est aggravée par l'effondrement de la logistique maritime. Alors que les assureurs annulent les couvertures contre les risques de guerre ou exigent des primes exorbitantes, des centaines de pétroliers sont contraints à des détours coûteux autour de l'Afrique.

Les experts préviennent que les réserves stratégiques ne constituent qu'une solution provisoire, jusqu'à la stabilisation des marchés de l'assurance et le rétablissement de la navigation en toute sécurité.

#Chine #Commerce #Energie

Début 2026, les données commerciales ont révélé un excédent record de 213,62 milliards de dollars, avec des exportations en hausse de 21,8 %, dépassant largement les prévisions du marché. Si les échanges avec les États-Unis ont chuté de près de 17 % en raison des guerres tarifaires en cours, Pékin a su se tourner vers l'Europe et les pays de l'Asie, où les échanges ont progressé d'environ 20 %.

Toutefois, les actions militaires américaines au Moyen-Orient menacent désormais la sécurité énergétique de la Chine. La dépendance de la Chine au pétrole étranger demeure son talon d'Achille, les importations représentant plus de 70 % de sa consommation. Plus précisément, l'Iran fournit 13 % de ces importations, ce qui fait de l'instabilité régionale actuelle un risque direct pour la production industrielle.

Malgré cela, la Chine garde son sang-froid, tirant parti de ses importantes réserves stratégiques, une diversification possible de ses sources d’approvisionnement et accélérant sa transition vers les énergies renouvelables.


En 2024, l'électricité propre a satisfait plus de 80 % de la nouvelle demande en Chine

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Sources: Financial Times, Bloomberg, Belfius Asset Management

A quoi s'attendre cette semaine ?


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DISCLAIMER


Ce document, rédigé et publié par Belfius Asset Management, donne la vision de Belfius Asset Management sur les marchés financiers. Elle ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, ni de recommandation d’investissement ou de recherche indépendante en matière d’investissement. Si vous êtes à la recherche de conseils en investissement personnalisés, vous pouvez vous adresser à votre Private Banker ou Wealth Manager qui se fera un plaisir d’examiner avec vous les effets éventuels de cette vision sur votre portefeuille d’investissements personnel. Les chiffres mentionnés sont des instantanés et sont susceptibles d’évoluer.


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