15 septembre 2025

Nicolas Deltour

Nicolas Deltour
Head of Investment Strategy

Belfius reste positive vis-à-vis des marchés d'actions. Pourquoi?

Les actions sont légèrement surpondérées dans un portefeuille mixte composé d’obligations et d'actions. Nous restons relativement optimistes pour différentes raisons.

  • Le président Trump a conclu des accords commerciaux, notamment avec l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, ce qui allège quelque peu l'incertitude.
  • Les droits de douane ont provisoirement peu d'impact sur les résultats des entreprises. Après le premier trimestre, les analystes ont réduit de moitié les attentes de croissance bénéficiaire. Les résultats du deuxième trimestre ont dépassé ces faibles attentes et étaient en ligne avec les estimations initiales. Les marges bénéficiaires ont résisté. Les chaînes d'approvisionnement ont été optimisées et il s’est avéré possible de réduire les coûts.
  • Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, se prépare à abaisser le taux, ce qui, d'un point de vue historique, est positif pour les actions. Mais la condition est que l’économie ne peut pas tomber dans une récession. Ce scénario devient de moins en moins vraisemblable car les investissements dans l’intelligence artificielle (IA), qu’il s'agisse des logiciels, du matériel ou de la construction de centres de données, contribuent déjà à la croissance. Le consommateur américain ne semble pas non plus ralentir.

Une bulle risque-t-elle d'apparaître dans le secteur technologique américain?

Il existe quand même des différences fondamentales avec la bulle de l’internet à la fin des années ’90. Les leaders actuels (dans le cloud, les fournisseurs de puces ou les plateformes de logiciels) sont des entreprises dotées d’un cash-flow solide et dont le chiffre d'affaires et les bénéfices augmentent, alors que beaucoup d’entreprises dans les années ‘90 n’avaient même pas de business case. Nvidia restera sans doute encore la figure de proue pendant quelque temps, tout comme Microsoft, Apple, Meta et Alphabeth.

L'introduction de l’IA dans les entreprises n’en est qu’à ses débuts, ce qui implique que la demande restera vraisemblablement robuste. De nouvelles start-up verront le jour et certaines feront faillite. Il peut même arriver que des entreprises bien implantées aient des problèmes si elles choisissent la mauvaise stratégie. Nous songeons notamment à Intel, qui a totalement mésestimé les innovations technologiques. Les effets de réseau, les capacités d’extension et l’innovation seront déterminants.

La forte concentration de grandes entreprises technologiques et internet dans les indices boursiers ne présage cependant rien de bon pour les investisseurs. Ils ne peuvent pas faire preuve de témérité. C’est pourquoi nous continuons à miser sur une stratégie d'investissement large et équilibrée, avec un portefeuille d'actions bien réparti entre toutes les régions et secteurs.

Le secteur de la santé a connu une année difficile en Bourse. Pouvons-nous espérer une amélioration?

Le secteur des soins de santé est resté considérablement à la traîne par rapport au marché plus large. Les investisseurs ont réagi avec nervosité à la tentative de Trump d’obliger, par un décret présidentiel, les entreprises pharmaceutiques à adapter leurs prix américains sur ceux du pays développé qui applique le prix le plus bas. Ce prix serait inférieur d’environ 30%. Ces négociations sont en cours. Durant son premier mandat, Trump avait fait une tentative similaire mais son projet n’était pas passé à l’époque parce que le secteur avait contesté la proposition devant les tribunaux. On attend donc de voir à quelle température la soupe sera servie. Les (petites) entreprises bio-technologiques ont également eu du mal en raison de l'incertitude découlant de la réorganisation de la Food & Drug Administration américaine.

Grâce à la forte innovation et à la demande de traitements et de technologies médicales révolutionnaires, le secteur des soins de santé reste un moteur de croissance. La recherche et le développement continuent à se concentrer entre autres sur l’oncologie, qui représente un tiers des dépenses des plus grandes entreprises bio-pharmaceutiques. Les investissements dans la prévention, le dépistage et le traitement du cancer restent nécessaires et peuvent offrir des opportunités pour l’investisseur à long terme. À court terme, nous restons prudents, mais les valorisations deviennent petit à petit attractives.

Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne constitue pas un conseil en investissement individuel ni une recommandation d’investissement ou une analyse indépendante en matière d’investissement. N’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller financier pour un conseil d'investissement personnel. Il examinera avec vous les conséquences éventuelles de cette vision pour votre portefeuille d'investissement individuel. Les chiffres cités reflètent une situation à un moment donné et sont susceptibles d’être modifiés.

Les rendements du passé, les simulations de rendements du passé et les prévisions de rendements futurs d'un instrument financier, d'un indice financier, d'une stratégie ou d’un service d'investissement ne constituent pas des indicateurs fiables des rendements futurs. Le rendement brut peut être influencé par des commissions, frais et autres charges. Le rendement libellé dans une autre devise que celle de l’État de résidence de l’investisseur est soumis à des fluctuations du cours du change, qui peuvent avoir un impact positif ou négatif sur les plus-values.

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