Ces dix dernières années, la puissante économie allemande a tiré la zone euro à plusieurs reprises, mais fin 2018, la locomotive a commencé à montrer des signes de fatigue. Le pays semblait rater le virage digital, sans compter que le secteur automobile souffrait du scandale du diesel, dès lors, un mouvement de rattrapage dans l’infrastructure s’imposait… C’est alors que la pandémie du Covid-19 a frappé. Aujourd’hui, Angela Merkel est applaudie pour son approche de la crise sanitaire et de ne plus se cristalliser sur un excédent budgétaire. L’Allemagne est donc sur la bonne voie pour redevenir la locomotive de la zone euro.

Covid-19: la stratégie du testing est payante


En raison des investissements considérables dans les soins de santé ces dernières années, l’Allemagne était beaucoup mieux armée que certains autres pays au début de la pandémie. En outre, le pays dispose d’une capacité de tests suffisante et il suit une approche rigoureuse via les administrations locales: à partir de 50 contaminations par 100.000 habitants par semaine, une région est considérée comme zone à risque. Cela explique pourquoi on déplore beaucoup moins de décès dus au Covid. Néanmoins, la 2e vague n'épargne pas non plus l’Allemagne, même si, proportionnellement, elle compte bien moins de contaminations qu’en Belgique, en France ou en Espagne. Depuis le 2 novembre, l’Allemagne connaît un confinement limité, et les magasins sont restés ouverts.


Économie


En 2020, l’économie allemande reculera moins que la zone euro dans son ensemble. Les analystes tablent sur un repli de 5,5 à 6%, tandis qu’ils s’attendent à une baisse de 7,5 à 8% pour la zone euro. Le consommateur allemand a moins serré les cordons de la bourse grâce:

  • aux chiffres moins mauvais du Covid
  • à la diminution temporaire de la TVA appliquée par le gouvernement à partir de juillet
  • au système de chômage temporaire (Kurzarbeit): le gouvernement prendra en charge une partie des salaires du secteur privé jusque fin 2021 et évitera ainsi aux entreprises de licencier des travailleurs

L’économie allemande est fortement axée sur l’industrie manufacturière et dépend moins du secteur des services (tourisme, horeca...), ce qui a également été un atout ces derniers mois. 30% du produit intérieur brut (PIB) proviennent de l’industrie, contre 22% en Belgique et 19,5% en France. Le point positif est que la croissance peut se poursuivre dans l’industrie. La production est cependant bien inférieure au niveau d’avant la crise, mais elle n’est pour l’instant pas directement touchée par de nouvelles limitations.

En tant que pays exportateur, l’Allemagne est surtout connue pour ses exportations de machines, de voitures, d’électronique, de produits chimiques… Les exportations sont importantes pour le pays (47% du PIB), plus que pour la France (seulement 31,8% du PIB), mais moins que pour la Belgique et les Pays-Bas, qui vivent des exportations (plus de 80% du PIB). La Chine en est, après les États-Unis et la France, le 3e principal acheteur - le pays où l’économie reprend du poil de la bête et où une 2e vague du Covid a pu être évitée. Les exportations allemandes profitent dès lors d’une reprise musclée de la demande chinoise. L’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis constitue également une aubaine, car elle diminuera sans doute les tensions commerciales, un point important pour le secteur automobile, crucial pour l’économie allemande. Si nous comptabilisons aussi les emplois indirects, ce secteur emploie pas moins de 2,2 millions de personnes, selon l’Association des constructeurs automobiles allemands.


Bourse


Maintenant que l’espoir grandit d’avoir un vaccin contre le Covid-19, l’avenir paraît moins sombre. Si l’économie mondiale se redresse, les actions cycliques du secteur automobile, industriel, des produits de luxe, par exemple, auront le vent en poupe. La bourse allemande occupe une bonne position pour cela. Le graphique ci-dessous montre la répartition sectorielle de l’indice boursier allemand DAX. Les secteurs en rouge ont un caractère plutôt cyclique, tandis que les autres présentent des caractéristiques plus défensives.



La bourse allemande est en tout cas bien placée pour profiter de la relance de l’économie dès que la pandémie sera terminée.

Cette thématique se retrouve dans notre sélection du mois.


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