Les marchés financiers ont connu une forte volatilité suite à la pandémie du Covid-19 en ce début d’année, tout comme le dollar américain (USD) qui, en mars, a bondi de près de 7% en dix jours, face à l’euro. Depuis lors, la trajectoire du dollar s'est inversée, perdant près de 10%. Et nous pensons que cette tendance pourrait se prolonger. C’est pourquoi nous réduisons à 10% maximum l’exposition de cette devise dans notre portefeuille. Le dollar bénéficie toujours actuellement de son statut de valeur refuge, dès lors, une partie peut être détenue en vue d’une diversification.

Quels sont les facteurs qui expliquent cette évolution?


En mars 2020, soit au plus fort de la crise, l’USD a augmenté, en quelques jours, de 7% face à l’euro. Ce mouvement brusque trouve son origine à la fois dans le choc provoqué sur nos économies par le Covid-19 et dans le statut de valeur refuge associé au dollar, devise fortement prisée en période trouble.


Par la suite, l’USD s’est graduellement déprécié à la suite de la forte réaction politique face à la crise et de l'amélioration des données économiques. De manière générale, il existe une relation inverse entre la vigueur du dollar et la croissance économique mondiale.


Or, les politiques fiscales mises en place aux quatre coins du globe ont apporté une bouffée d’oxygène à la croissance mondiale et la politique monétaire ultra-accommodante1 menée par la Banque centrale américaine (Fed) a renfloué les liquidités en dollar sur les marchés. Ceci a provoqué un attrait, donc un rebond, pour les actifs à risque et, en conséquence, une moindre demande pour la valeur refuge que constitue l’USD.


Ajoutons que la propagation de la pandémie a été, dans un premier temps en tout cas, mieux contrôlée en Asie et en Europe qu’aux États-Unis, faisant craindre ainsi une reprise économique moins importante dans ce pays. Notons que le dollar américain s’est apprécié en septembre par rapport à la plupart des devises, suite aux doutes d’une reprise durable de l'économie mondiale et à une résurgence des cas de Covid-19.


L’impact des taux d’intérêt


Les taux d’intérêt jouent également un rôle majeur dans la détermination des taux de change, une baisse des taux d’intérêt rendant une devise moins attrayante pour l’investisseur. Le graphique ci-dessous éclaire cet aspect des choses. Il reprend, d’une part (en gris), le différentiel des taux à deux ans entre les États-Unis et l’Allemagne et, d’autre part (en rouge), l’évolution de l’EUR/USD.


On constate qu’une baisse des taux américains par rapport aux taux allemands (échelle de droite inversée) va de pair avec une baisse de l’USD par rapport à l’EUR. Cette baisse plus prononcée des taux US s’explique, en partie en tout cas, par la politique menée par la Fed qui a abaissé son taux directeur à plusieurs reprises et mis en place un vaste programme de rachat de titres.


Source: Thomson Reuters
Les performances passées ne présument en rien des performances futures

Quel avenir pour l’USD?


Prédire l’évolution de l’USD par rapport à l’EUR est un exercice délicat. Comment la pandémie de Covid-19 va-t-elle évoluer? Quel en sera l’impact final sur l’économie? Les mesures de soutien vont-elles raviver l’inflation dans les années à venir? Difficile à dire. Des facteurs structurels tels que la forte détérioration de l'épargne nationale, le déficit public et le déficit commercial pèseront sur le dollar américain.


Ainsi, le déficit public américain devrait se creuser pour financer les plans de relance; quant au déficit commercial2 il a atteint au mois d’août 67,1 milliards de USD, soit le niveau le plus élevé depuis 2006. Une épargne américaine insuffisante par rapport à ce double déficit rend les États-Unis tributaires d’un financement extérieur, c’est-à-dire en dehors des États-Unis, reposant sur la confiance des investisseurs à l’égard de l’USD.


Même si d’autres devises ne détrôneront pas l’USD dans l’immédiat, des forces économiques et géopolitiques pourraient, à terme, changer la donne. Les banques centrales chercheront également de plus en plus des alternatives au dollar américain et l’euro pourrait en bénéficier. La création d'une dette mutualisée en euro en vue de financer le plan de relance de l'Union européenne est une étape importante en ce sens. On peut tenir le même raisonnement pour le YUAN, les autorités chinoises voulant en faire une monnaie mondiale.




1 La politique monétaire est dite accommodante lorsque la Banque centrale cherche à accroître la quantité de monnaie circulant dans l'économie, par exemple en abaissant ses taux (= taux directeurs), afin de stimuler le crédit
2 Un déficit commercial signifie que la valeur des exportations, de biens et services, dans une économie est inférieure à la valeur des importations.


Cette thématique se retrouve dans notre sélection des fonds du mois.


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Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, pas de recommandation d’investissement, ni de recherche indépendante en matière d’investissement. Si vous êtes à la recherche de conseils en investissement personnalisés, vous pouvez vous adresser à votre conseiller financier qui se fera un plaisir d’examiner avec vous les effets éventuels de cette vision sur votre portefeuille d’investissements personnel. Les chiffres mentionnés sont des instantanés et sont susceptibles d’évoluer.